RSF : le climat fait son entrée formelle dans le cadre budgétaire congolais

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Ph. ACTUALITE.CD

Avec la première revue de la Facilité pour la résilience et la durabilité (RSF), le Fonds monétaire international acte une inflexion majeure du cadre programmatique en République démocratique du Congo : l’intégration explicite des risques climatiques dans la planification budgétaire et financière de l’État. Le rapport salue des avancées institutionnelles concrètes, tout en soulignant l’ampleur des besoins de financement et les limites de la couverture assurée par la RSF.

Le FMI indique que les autorités congolaises ont mis en œuvre la mesure de réforme RSF attendue pour cette première revue (RM7). Celle-ci consiste à inclure, dans l’annexe du projet de loi de finances 2026, une analyse quantifiée des risques budgétaires liés aux catastrophes naturelles, avec un focus particulier sur les inondations.

Selon le rapport, cette avancée a été réalisée avec l’appui d’une assistance technique du FMI et marque une étape formelle dans l’intégration du climat au cadre de gestion des finances publiques. Le document ne précise cependant pas la méthodologie détaillée retenue pour la quantification de ces risques.

Le FMI souligne également que la RDC a finalisé par anticipation une seconde mesure de réforme (RM8), initialement prévue pour une revue ultérieure. Il s’agit de l’adoption d’une politique nationale de gestion des catastrophes naturelles, clarifiant les responsabilités institutionnelles entre les ministères concernés, notamment ceux de l’Intérieur et des Affaires sociales.

Cette anticipation a conduit les autorités à demander un rééchelonnement de l’accès aux ressources de la RSF, demande acceptée par le FMI dans le cadre de la revue.

Le rapport rappelle que le programme RSF de la RDC repose sur trois axes principaux :

  1. la protection des forêts et la promotion d’exportations minières durables,
  2. le renforcement de la résilience face aux catastrophes climatiques,
  3. l’intégration systématique du climat dans la gestion de l’investissement public.

Le FMI considère que les premières réformes engagées s’inscrivent de manière cohérente dans ces trois piliers, tout en soulignant que la majorité des mesures prévues restent à mettre en œuvre sur la période 2025–2027.

Le rapport met en lumière un déséquilibre majeur. Les autorités estiment, dans leur Contribution déterminée au niveau national (CDN), que le coût de financement de l’agenda climatique s’élève à environ 48 milliards de dollars, soit près de 90 % du PIB de 2021. À titre de comparaison, l’accès total accordé au titre de la RSF s’élève à environ 1,1 milliard de dollars.

Le FMI reconnaît explicitement que la RSF ne peut couvrir qu’une fraction marginale des besoins et insiste sur son rôle « catalytique », destiné à mobiliser des financements additionnels auprès d’autres partenaires. Le rapport ne précise toutefois pas quels volumes de financements externes pourraient être mobilisés à court ou moyen terme.

Dans son appréciation, le FMI souligne que la valeur ajoutée principale de la RSF réside moins dans son apport financier que dans son effet structurant sur les politiques publiques. L’intégration du risque climatique dans le budget et la planification vise à améliorer l’anticipation des chocs et à réduire, à terme, les risques macroéconomiques et budgétaires.

Le rapport ne se prononce pas sur l’impact immédiat de ces réformes sur la croissance ou sur la résilience des populations, se limitant à une évaluation institutionnelle et procédurale.

Le FMI considère que la mise en œuvre des premières mesures RSF est satisfaisante et constitue une étape importante vers l’intégration du climat dans la politique économique de la RDC, tout en soulignant que l’ampleur des besoins financiers dépasse très largement les ressources mobilisées à ce stade.