Présidence de la RDC à la CIRGL : Kinshasa se dote d’un Panel stratégique pour concrétiser ses priorités régional

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À l’issue du 9ᵉ Sommet ordinaire des chefs d’État et de gouvernement de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), Félix Tshisekedi, président de la République démocratique du Congo, avait pris la présidence tournante de cette organisation pour un mandat de deux ans. Ce rendez-vous diplomatique, intervenu cinq ans après le dernier sommet tenu par visioconférence en novembre 2020, avait pour thème : « Consolider la paix et la sécurité pour le développement durable dans la région des Grands Lacs ».

Près de trois mois après son entrée en fonction, Félix Tshisekedi vient d’instituer, au sein de son cabinet, un organe spécialisé ad hoc dénommé Panel d’orientation stratégique de la présidence de la République démocratique du Congo à la tête de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), en abrégé le Panel. Selon l’ordonnance présidentielle lue ce samedi 28 février 2026 par sa porte-parole Tina Salama, le Panel est placé sous l’autorité directe du président de la République. Sa mission est strictement limitée à la durée du mandat de la République démocratique du Congo à la présidence de la CIRGL.

Selon ladite ordonnance, le Panel a pour mission d’assister le président de la République dans la définition, l’orientation stratégique, la coordination et la mise en œuvre de l’agenda du mandat de la RDC à la présidence de la CIRGL. Sous l’autorité du président de la République, le directeur de cabinet du président de la République assure la supervision institutionnelle du Panel. À ce titre, il reçoit les orientations, recommandations et rapports issus des travaux du Panel, assure leur transmission au chef de l’État et veille à la cohérence institutionnelle ainsi qu’à l’arrimage des travaux du Panel.

La coordination opérationnelle du Panel est assurée conjointement par la Cellule d’Études Desk Grands Lacs ( NDLR: dirigé par le professeur Adolphe Lumanu) et le ministère de l’Intégration régionale, agissant en sa qualité de secrétariat technique permanent. Le Panel comprend des membres permanents chargés de mettre en œuvre l’orientation politique et stratégique du mandat de la RDC.

Il représente notamment :

• le ministère des Affaires étrangères, coopération internationale, francophonie et diaspora congolaise,

• le Haut Représentant pour le suivi de la feuille de route de lUanda et des organisations économiques régionales,

• le mécanisme national de suivi de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba,

• la coordination nationale du PDDRCS,

•le collège géopolitique et diplomatique.

Selon la même ordonnance,  Peuvent être associés aux travaux du Panel, selon les thématiques abordées : le ministère de la Défense nationale et anciens combattants, le ministère de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, le ministère des Mines, le ministère des Finances, la cellule de communication de la présidence de la République et enfin l’Agence nationale des renseignements. Le Panel fonctionne comme un organe collégial de réflexion stratégique et de suivi. Le Panel est associé aux travaux des ministères et institutions mentionnés à l’article 6, selon les thématiques abordées.

Dans son discours d'acceptation, le Chef de l'État Félix Tshisekedi avait promis une présidence de la CIRGL axée sur des résultats concrets en matière de paix, de non-agression, de respect de souveraineté, de sécurité et de développement régional. Le Chef de l’État Félix Tshisekedi avait affirmé assumer cette présidence "avec humilité et détermination". Selon Félix Tshisekedi, la confiance placée en la RDC "nous honore et nous oblige". Il a assuré qu’il "exercera cette responsabilité dans un esprit d’écoute, d’impartialité et d’efficacité" tout en comptant sur le soutien de ses pairs, en particulier celui de la Troïka.

La Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) est une organisation intergouvernementale qui regroupe douze États : l’Angola, le Burundi, la République centrafricaine, la République du Congo, la République démocratique du Congo, le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda, le Soudan du Sud, le Soudan, la Tanzanie et la Zambie. Elle a été créée en réponse à l’ampleur régionale des crises politiques et sécuritaires, afin de promouvoir une paix durable, la sécurité et le développement.

Clément MUAMBA