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RDC : pour « casser les stéréotypes », Nadège Ciboko va proposer des documentaires sur des femmes inspirantes en 2022
Mercredi 8 décembre 2021 - 11:17
Photo/ Droits tiers
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Nadège Ciboko est médecin, elle habite à Bukavu dans la province du Sud-Kivu. A l'horizon 2022, la jeune femme compte lancer un tout nouveau projet qui ambitionne de mettre les femmes en lumière. « Empower Her » aspire à aider la gent féminine à s’affranchir des stéréotypes . Entretien.  

Bonjour Madame Nadège Cibogo et merci d’avoir accepté de nous accorder de votre temps. Vous travaillez en tant que médecin stagiaire aux cliniques universitaires de Bukavu. Pouvez-vous nous parler brièvement de votre parcours ? 

Nadège Cibogo : orpheline depuis l’âge de trois ans, j’ai fini mes études primaires après avoir été soutenue par un orphelinat puis par le village d’enfants SOS à l’école secondaire. J'ai obtenu mon diplôme d’état en section scientifique chimie-biologie. Aujourd’hui, je suis médecin stagiaire après avoir risqué plusieurs fois d’abandonner à cause des difficultés financières. Plusieurs personnes pensaient que me marier après avoir obtenu mon diplôme d’Etat exempterait ma famille des dépenses supplémentaires pour mes études. Mais ces obstacles ne m’ont jamais empêché d’avancer. Devenue leader dans ma communauté, je ne cesse de me battre pour l’éducation des enfants et surtout des jeunes filles en milieux ruraux par le biais de GEP SCHOLARSHIP (https://gepscholarship.org/ ), un projet que je coordonne et qui œuvre dans la promotion de l’éducation des . Mon grand rêve a toujours été d’aller très loin dans mes études et être un modèle de changement pour ma communauté. Lauréate de la bourse de femmes en science en RDC 2020 (Octroyée par Makutano et l’Asbl Investing in People), j’aspire à devenir oncologue.

Vous avez récemment annoncé le lancement du projet « Empower her ». En quoi consiste-t-il ?

Nadège Cibogo : ce projet consiste à recueillir les différents témoignages des femmes congolaises qui ont fait face aux stéréotypes dans notre communauté (notamment la pauvreté, les inégalités et toutes les croyances erronées) et les traduire en « success stories » pour inspirer les autres femmes et filles en RDC. L’idéal serait de trouver une femme par province pour que chaque fille congolaise s’identifie à elle. Nous y travaillons encore avec mon équipe.

Quels objectifs vous êtes-vous fixés à travers ce projet et comment comptez-vous les atteindre ?

Nadège Cibogo : nos objectifs sont de créer un modèle approprié pour les jeunes filles, créer des rêves pour les filles quelle que soit leur situation, créer de la détermination pour les filles des milieux défavorisés et qui sont encore sur banc de l’école. J’ai une équipe large qui m’accompagne.  Je travaille avec Connect HER et EEA  ( Education Above All) qui sont des organisateurs du PitchFest sur l’éducation de la fille dont je suis lauréate. Ils m’ont mis en contact avec une spécialiste dans la réalisation de film avec une longue expérience dans l’industrie comme Hollywood ou Paramount. Je travaille aussi avec des femmes congolaises qui m’inspirent, que je considère comme modèles. Notamment les Professeures Karine Ndjoko et Raissa Malu. Enfin, mon équipe locale de Gepscholarship qui m'est d'un grand soutien pour moi.

Combien de temps prévoyez-vous pour sa mise en œuvre ? Quels canaux utiliserez-vous pour la diffusion de vos documentaires ?  

Nadège Cibogo : la projection officielle du film est prévue le 08 Mars de l’année prochaine . La diffusion du documentaire se passera via des voies conventionnelles: post sur Youtube et d’autres médias. Parlant de projections, elles seront organisées dans plusieurs villes de la RDCongo mais aussi de l’étranger comme aux Etats-Unis (avec l’appui de ConnectHER) ou au Qatar (avec l’appui d’EEA).

Quelles sont les personnalités et la population cibles de votre projet ? 

Nadège Cibogo : les femmes influentes de préférences au moins une par province, ensuite bien évidemment celles à qui le documentaire s'adresse c’est-à-dire des jeunes femmes des écoles primaires, secondaires et des universités. 

Selon vous, qu’est-ce qui manquent aux jeunes congolaises pour se relever face à des stéréotypes? 

Nadège Cibogo : je pense que les Congolaises manquent de modèles et celles qui peuvent être modèles ne sont très peu connues.  Du coup, on voit que ce qui est laid, on retient la mauvaise histoire, celle qui est dénaturée.

Pour ces jeunes femmes qui commencent à croire en elle-même et qui se battent pour réaliser leurs rêves malgré l’environnement peu favorable, que leur diriez-vous ? 

Nadège Cibogo : je les encourage à poursuivre leurs rêves. Il est vrai qu'on a besoin de soutien mais ce n’est pas chaque jour qu’elles seront soutenues ou réussiront donc elles doivent tenir quels que soient les défis ou les obstacles qui se multiplieront. Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort dit-on. Et si on veut réellement une chose tout l’univers conspire pour nous le donner disait Paulo Coelho.

Propos recueillis par Prisca Lokale  

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