RDC : l'actualité de la semaine vue par Chanick Mbuya
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Dialogue intercommunautaire, table ronde sur les réparations, destitution du gouverneur Maweja, motion de défiance contre Godé Mpoyi,  la semaine qui s'achève a été riche en événements. Le Desk Femme d'Actualité.cd vous propose de revenir sur les faits marquants de l'actualité avec Chanick Mbuya, une jeune femme active dans le secteur social dans le Haut Katanga.

Bonjour Madame Chanick Mbuya et merci de nous accorder cet entretien. La semaine a débuté avec le dialogue intercommunautaire pour la paix, la cohésion sociale et la stabilisation des moyens et hauts plateaux d'Uvira, Fizi et Mwenga (Itombwe)". Plusieurs recommandations ont été faites à l’endroit des participants, notamment les communautés et les autorités congolaises. A présent, quelle politique faudrait-il mettre en place, selon vous, pour le retour définitif de la paix dans cette région ?

Chanick Mbuya : l’idéal serait de dire aux communautés qu’elles ont plus a gagner en vivant ensemble et dans la paix plutôt que d’entretenir des conflits qui profitent à des tierces personnes. On peut promouvoir les centres d’intérêt commun et utiliser aussi l’éducation pour mettre ensemble les jeunes qui peuvent  être des véritables vecteurs de paix entre les différentes communautés 

Dans la nuit de Mardi 30 au Mercredi 31, la région de Beni (Nord-Kivu) a enregistré un bilan lourd de 25 morts lors d’une attaque des combattants des Forces démocratiques alliées (ADF), dans le village de Manyama, à l'ouest de la cité d'Oicha. Entre temps, les mouvements citoyens, Lucha, Ekoki et bien d’autre, déplorent le silence du Chef de l’Etat et l’indifférence de la communauté internationale face à ces attaques répétitives. Si ces derniers devaient donc réagir, que doivent-ils faire ou dire concrètement ?

Chanick Mbuya : nous parlons ici, de 25 vies humaines avec des images alarmantes des nourrissons qui tétaient leurs mères déjà mourantes…je crois que cette question devrait vraiment être prise au sérieux. Nous saluons les efforts qui sont fournis par le président mais il faut une réelle politique sécuritaire pour mettre fin à ces massacres. La communauté internationale nous nous réservons de proposer ce qu’elle pourra faire.

Mercredi, la table ronde autour des réparations en faveur des survivant.e.s des violences sexuelles liées aux conflits en RDC a été clôturée. Des acteurs politiques, diplomatiques, des membres de la société civile ainsi que des survivant.e.s ont réfléchi sur ce fonds et dressé des recommandations. Quelles sont les étapes ou éléments primordiaux dans la mise en place dudit fonds selon vous ?

Chanick Mbuya : nous saluons d’abord tous les sacrifices du Dr Mukwege et son équipe dans ce secteur. L'étape primordiale est celle d’identifier toutes celles qui ont subi des violences sexuelles en temps de conflit en RDC, ensuite demander au gouvernement  et  à la communauté internationale de s’impliquer contre cette arme de guerre destructrice. Et si nous pouvons aller à la source, il faudrait faire cesser les conflits armées.   

Au Kasaï Oriental, après une longue procédure, le gouverneur Jean Maweja Muteba, a été destitué pour notamment « incompétence et mégestion dans la province ». Comment avez-vous perçu cette décision des élus provinciaux ?

Chanick Mbuya : l'un des sérieux problèmes que nous avons au Congo, c’est que la politique n’est pas encore au niveau d’être  centrée sur la population. Destituer le gouverneur Maweja est une bonne chose. D'ailleurs, on pourrait le faire pour tous les autres gouverneurs. Mais bien souvent, le mobile est autre que ce que l’on brandit. Je pense qu’il serait mieux de centrer la politique sur le progrès et le développement des communautés. Sans cela je ne trouve aucune importance de ces démarches. 

En même temps à Kinshasa, une autre motion de méfiance pèse contre le président de l'Assemblée provinciale. Comment doivent réagir les députés de Kinshasa ?

Chanick Mbuya : on en revient aux mobiles de cette motion, il y a une crise de gouvernance inexplicable et c’est la population qui en paie les frais. Je me demande bien souvent comment est-ce que les politiques n’arrivent pas à réaliser ce qu'ils avaient dressé comme plan d'actions avant leur élection. Les députés ne nous rendent pas vraiment service, d’ailleurs, je suis de ceux qui soutiennent l’élimination de la législature provinciale. Il faut que la population soit au centre de toutes les décisions.

Dans la 4ième vague des kulunas, envoyés de Kinshasa à Kaniama Kasese, il y a 17 femmes sur les 320. C’est la première fois qu'un tel nombre des femmes soit enregistré. Selon vous, qu’est-ce qui pousserait les femmes à s’engager dans ces actes qualifiés d’inciviques ?

Chanick Mbuya : la femme est un modèle dans la société, mais même au 21e siècle, on remarque que notre société ne donne pas toujours la place  à la femme, néglige son éducation et lui demande de donner à la société c’est qu’elle n’a pas eu. Ce nombre de femmes devrait nous interpeller. La société doit considérer et mettre en premier plan l’éducation et l'autonomisation de la jeune fille. 

En sport, à la suite de la non-qualification des Léopards à la prochaine CAN 2021, le président de la fédération congolaise de football association (FECOFA) Constant Omari a annoncé qu’il quittera son poste à la fin de son mandat en cours (décembre 2021). Il a, dans la foulée, annoncé qu’il y aura changement du staff technique (l’entraineur principal et ses adjoints) pour les éliminatoires de la Coupe du monde 2022. Ce qui implique que le coach actuel Nsengi Biembe devrait être remplacé par un autre entraineur. Comment voyez-vous cette décision du président de la FECOFA, après 18 années de service ?

Chanick Mbuya : l’homme noir a une nature conservatrice, et un caractère de royauté. Constant Omari a fait ce qu’il a pu mais il aurait pu laisser son fauteuil bien avant pour permettre à d’autres de montrer ce qu’il pouvait faire, la politique sportive ne permet pas non plus à la fédération de bien éclore. C’est depuis le feu président Mobutu que ce secteur souffre comme tant d’autres dans le pays. Nous espérons que le prochain gouvernement portera une attention particulière à chaque secteur de l’état, toutes les disciplines sportives y compris.

Mars, le mois dédié aux femmes s’est clôturé également au cours de cette semaine. Que retenez vous du thème de cette année ?

Chanick Mbuya : certaines femmes même instruites ont encore du mal à comprendre que la lutte qui doit être menée ne se résume pas au 8 mars, ni au mois de mars. La femme doit comprendre qu’elle doit se lever et ce, chaque jour malgré le contexte économique et sanitaire, montrer qu’elle est une force capable de faire prospérer des nations, de lutter pour l’égalité des chances.

Finalement, la lutte, les activités de sensibilisation et des actions n’attendent-elles que le mois de mars ?

Chanick Mbuya : nous nous sommes placés dans une coque où seules les années passent mais l’évolution est trop lente. Dès que le mois de mars passe, la solidarité féminine diminue alors que les actions devraient être accentuées tous les jours de l’année. J'apprécie certaines coopératives qui nous invite en dehors du mois de mars pour parler du développement de la femme. Je profite de votre passage pour en appeler à la conscience des femmes d’influences que la lutte ne se fait pas en un jour, un mois mais à chaque instant toutes nous devons lutter pour faire valoir nos droits.

Propos recueillis par Prisca Lokale

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