Kinshasa : plus d’une année après, où en sommes-nous avec les travaux de construction des sauts-de-mouton ?
Illustration. Saut-de-mouton du Rond-point Socimat à Gombe/Ph. ACTUALITE.CD

Lancés depuis le 2 mars 2019, les travaux de construction des sauts-de-mouton dans la ville de Kinshasa, capitale de la RDC, se poursuivent encore, plus d’année après. Actuellement, quatre ouvrages sur les sept sont toujours en cours de construction. Les trois autres, visiblement prêts, n’ont jamais été officiellement livrés à la population afin d’être utilisés.  L’objectif poursuivi par la construction des sauts-de-mouton à Kinshasa, est de faciliter la circulation des Kinois, et éviter les embouteillages monstres.

Mardi 22 septembre, ACTUALITE.CD a effectué une descente sur le terrain pour faire un état de lieu sur la situation présente dans chacun des sept chantiers.

Sur le site de Socimat, au croisement des avenues Sergent Moke et de la justice, les travaux sont quasiment à terme. L’ouvrage est en partie dévoilé. L’heure est à la pose du goudron sur le macadam, à la peinture des abords et l’arrangement des derniers dispositifs.

Mais pour un habitant rencontré sur le lieu, ces travaux ont beaucoup traîné.

« Les travaux ont repris, il n’y a pas longtemps. Ce, après un long moment de pause sans travail. Avant même le procès 100 jours, ils étaient déjà arrêtés », fait-il savoir.

Un peu plus loin de là, le saut-de-mouton situé à la place ASSANEF sur l’avenue de la Libération (ex-24 novembre) est, de son côté, loin d’être fini. Les travaux semblent tourner au ralenti. Interrogé à ce sujet, un agent dit ne pas vouloir comparer avec d’autres chantiers puisque, pour lui, le travail évolue bien.

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Saut-de-mouton situé au niveau d'Assanef/Ph. ACTUALITE.CD

Toutefois, fait remarquer un chauffeur de taxi-bus, il n’y a pas assez d’embouteillage sur ce tronçon en dépit de la poursuite des travaux.

« Ces travaux ne dérangent pas trop, même s’ils ont duré. Ici, il y a plusieurs routes dans les avenues environnantes, c’est pourquoi on s’en sort bien mais de fois, il y a aussi blocage », dit un chauffeur de taxi qui fréquente régulièrement ce tronçon.

Le saut-de-mouton de Kinsuka-pompage et du rond-point Mandela sont déjà achevés. Celui de pompage, au croisement des avenues du Tourisme et de l’Ecole, était ouvert aux usagers pour une durée d’un mois sur instruction du Vice-Premier Ministre, Ministre des Infrastructures et Travaux Publics, entre le 05 août et le 05 septembre dernier.

Au Rond-point Mandela, au croisement des avenues de la libération (ex-24 novembre) et le boulevard du 30 juin, bien que les travaux ont pris fin, les usagers continuent de passer par le bas en attendant l’ouverture officielle de l’ouvrage.

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Saut-de-mouton du Rond-point Mandela/Ph. ACTUALITE.CD

Les sauts-de-mouton sont érigés pour fluidifier la circulation notamment dans les carrefours et réduire les embouteillages. Mais pendant les travaux de construction, ils en créent davantage. Un constat fait dans le district de Tshangu, dans la partie Est de la capitale.

« Nous sommes habitués, c’est toujours comme ça », a dit une usagère de la route. Même son de cloche pour Sila Munginda, un habitant de Kingasani : « On est habitué à vivre avec les sauts-de-mouton. Nous sommes aussi contraints de faire des demi-terrains. C'est impossible de prendre un transport qui t'amène directement à la destination. Pour moi qui habite à Kingasani, je prends le transport qui me laisse à Pascal et puis je dépasse le saut-de-mouton à pied, après je prends un autre transport qui me laisse à Bitabe, je passe le saut-de-mouton à pied de nouveau, c'est toujours comme ça », nous a-t-il dit.

A Pascal, les travaux de construction se poursuivent, les tôles bleus font toujours la clôture. Pour les embouteillages, un motard nous confie que c'est le matin et le soir qu'il y a ce qu'ils appellent bouchon : « Pas dans la journée. A 12h ça va encore. Le matin, il y a bouchon ici, le soir aussi », a-t-il dit.

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Saut-de-mouton de Pascal dans la commune de Masina/Ph. ACTUALITE.CD

A quelques mètres de là, à l'arrêt Bitabe, devant le marché de la liberté et l'hôpital Biamba Marie Mutombo Dikembe, un autre chantier de saut-de-mouton. Les travaux évoluent à pas de tortue. Ce mardi 22 septembre, personne n’est présent au chantier. Selon certaines explications reçues sur place, une seule société s'occupe des trois chantiers dans cette partie de la capitale. Elle a planté les décors pour chacun mais travaille l'un  après l'autre.

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Saut-de-mouton du marché de la Liberté, à l'arrêt Bitabe/Ph. ACTUALITE.CD

Selon un habitant, tout a mal commencé : « Ils étaient mal partis au début des travaux. C'est ça le problème. Il n'y avait pas eu une étude conséquente de terrain. La terre a causé beaucoup de préjudices, c'est ce qui fait que ça n'évolue pas bien. Il y a aussi toutes les affaires liées à l'argent du financement », confie-t-il.

A ces jours, sur le site de De bonhomme, les travaux sont presque terminés. Si les véhicules n'ont toujours pas l'autorisation de passage avant l'inauguration, les habitants par contre, ont marre de l'embouteillage et préfèrent déjà passer sur le saut-de mouton à pied.

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Saut-de-mouton de De bonhomme/Ph. ACTUALITE.CD

« Les gens sont nombreux dessus quand il y a embouteillage le matin. Personne ne leur interdit. Les véhicules ne passent pas, seulement les personnes. », a affirmé un chauffeur de bus de marque 207.

Les chantiers des sauts-de mouton sur le boulevard Lumumba rendent la circulation difficile dans l’est de Kinshasa. Ils compliquent la circulation aux habitants du district de Tshangu (les communes de Masina, Ndjili, Kimbanseke, N’sele et Maluku) qui éprouvent de peine à se rendre au centre-ville.

Emmanuel Kuzamba, stagiaire UNIKIN

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