Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) est revenu sur l’impact des affrontements armés sur le secteur de l’éducation dans la province du Sud-Kivu. Dans son aperçu du mois de janvier, rendu public mardi 17 février 2026, l’agence révèle que l’éducation figure parmi les secteurs les plus touchés par l’intensification des combats et la persistance de l’insécurité dans plusieurs localités du Sud-Kivu.
"En janvier, 1 768 écoles (21 % des établissements) demeuraient non fonctionnelles, privant plus de 688 000 élèves d’accès à l’éducation. Au moins dix élèves ont perdu la vie durant la période, dont huit lors des affrontements armés et deux à la suite d’explosions de restes explosifs de guerre à Kaziba (Walungu 3)", rapporte OCHA.
Par ailleurs, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) souligne que le manque de ressources financières continue de limiter la capacité des partenaires humanitaires du secteur de l’éducation à organiser les cours de rattrapage, prévus sur une période de trois mois, au profit des enfants des territoires d’Uvira, Fizi et Walungu, où les activités scolaires ont été interrompues à plusieurs reprises en raison de l’insécurité.
Par rapport aux chiffres du mois de décembre, une légère amélioration est observée. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) avait révélé qu’environ 1 900 établissements scolaires, soit 22,8 % de l’ensemble des écoles de la province, n’avaient pas fonctionné au mois de décembre, compromettant l’accès à l’éducation de 555 552 enfants (270 829 filles et 284 723 garçons), représentant 24,9 % des effectifs scolaires. Selon cette agence onusienne, cette situation a fortement perturbé la continuité éducative et exposé les enfants à des risques accrus de protection, notamment en raison de leur présence prolongée hors de cadres d’apprentissage sûrs et protecteurs.
Depuis le début de l’année 2025, l’escalade du conflit et l’intensification des attaques de la rébellion AFC/M23, appuyée par le Rwanda au Nord et au Sud-Kivu, ont provoqué le déplacement de centaines de milliers de personnes, aggravant une crise humanitaire déjà critique. Ces violences ont fait des centaines de morts et des milliers de blessés, tandis que les routes coupées et l’insécurité compliquent davantage l’accès humanitaire. Malgré ces conditions difficiles, les acteurs humanitaires poursuivent leurs opérations vitales en négociant l’accès aux zones affectées et en fournissant des soins médicaux d’urgence, une aide alimentaire ainsi que d’autres formes d’assistance essentielle.
Face à cette situation, la République démocratique du Congo, à travers le ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle citoyenneté, a adopté et déploie la Stratégie de l’éducation et de la formation en situations d’urgence (SEFSU) 2025-2029. Ce plan holistique vise à garantir la continuité de l’apprentissage malgré les conflits. Nécessitant un financement supérieur à 820 millions de dollars américains, cette stratégie repose notamment sur la protection des apprenants, le soutien psychosocial et l’adaptation aux environnements instables.
Clément MUAMBA