RDC : une année après la visite de Tshisekedi à Djugu, les violences se poursuivent toujours, la société civile parle de près de 3 000 morts déjà enregistrés
Félix Tshisekedi devant le bureau du territoire de Djugu. Ph/ACTUALITE.CD.

Il y a une année que Félix Tshisekedi séjournait en Ituri (du 30 juin au 2 juillet 2019) à la suite des violences qui déchirent le territoire de Djugu et actuellement plusieurs autres coins de cette partie du pays. Le chef de l’Etat avait qualifié de “tentative de génocide” les tueries perpétrées par les miliciens de CODECO. 

« Une main leur est tendue pour qu’ils [Ndlr : miliciens] passent aux aveux et surtout qu’ils disent quel est le soubassement de leurs actions, pourquoi tant de violences, pourquoi tant d’acharnement à mal faire, à commettre le crime. Manifestement ça ressemble à une tentative de génocide, on voulait pousser la province de l’Ituri à s’embraser, à mener des événements malheureux comme le génocide qu’on a connu dans notre région de Grands lacs.  Et maintenant le plus important c’est de savoir qui est derrière tout ça, et ça je ne lâcherai pas, j’irai jusqu’au bout pour connaître la vérité », avait-il déclaré promettant de restaurer la paix.

Mais une année après, les violences n’ont pas cessé. La société civile de l’Ituri note même une aggravation de la situation sécuritaire. Elle parle de près de 3000 personnes tuées depuis le passage du Président de la république à Djugu.

« Le Président Félix ne devrait même pas nous nourrir d’espoir avec un discours non réalisable. Il n'avait pas promis la paix seulement mais en disant qu'il ne peut accepter d'être Chef de l'Etat que lorsque nous serons en paix en Ituri et au Nord-Kivu précisément à Beni. Avec précision, plus 1778 morts. C'est pour dire que, si nous remontons maintenant de juillet 2019 à janvier 2020, le bilan peut atteindre 3000 morts. Il y'a également plusieurs déplacés à travers la province qui vivent dans des conditions humanitaires très précaires. Finalement nous nous rendons compte que nous sommes abandonnés à notre triste sort », a dit à ACTUALITE.CD Jean Bosco Lalo, coordonnateur de la société civile de l’Ituri.

M. Lalo recommande au Chef de l'Etat de revoir les opérations militaires menées en Ituri et voir même dans tout l'est du pays.

« En réalité, le Président devrait évaluer les actions militaires sur le terrain, voir les résultats. S'il y a un échec, qu'il désigne d'autres personnes efficaces avec des cahiers de charges précis, parce que nous voyons les actuels officiers militaires en train de faire de défiler seulement ici (à Bunia), sans solution. On doit revoir les opérations militaires en commençant par la zone de défense à l'est jusqu'au niveau des régions et zones des opérations en Ituri. Nous n'allons pas comprendre moins encore accepté que les gens continuent d'être tués pendant que l'armée gouvernementale est en pleine opération », a-t-il suggéré.

L'armée n'a pas encore réagi à ce bilan de la société civile. Alors que l’armée avait annoncé avoir tué le chef de la milice CODECO à Djugu, les miliciens ont plutôt intensifié les atrocités en étendant même les attaques aux territoires de Mahagi et Irumu. 

Ce samedi encore, 11 personnes ont été tuées dans une embuscade tendue par les miliciens sur la RN 27, précisément à Matete, parmi lesquelles figurent une autorité territoriale, des militaires et policiers ainsi que des civils. Ces passagers quittaient Bunia pour le territoire d'Aru.

 

Franck Asante, à Bunia

 
 
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