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Via leur avocat, sept personnes membres du comité de gestion de la chaine thématique publique, EDUCTV, ont saisi la Justice et le président Félix Tshisekedi après leur limogeage "abusif" par le ministre de l'Enseignement primaire, secondaire et technique , Willy Bakonga.

 

 

Ces derniers, qui affirment avoir "monté le projet, obtenu tous les documents administratifs en tant qu'une chaîne thématique de l'éducation", ont été virés en décembre dernier et remplacés par des nouvelles recrues (NU) , proches du ministre, nommés directement au grade de directeur dans un service public.

 

Dans un mémorandum parvenu à ACTUALITE.CD, Me Kikwa Kala Reagan, avocat conseil, affirme que le ministre s’est comporté d’une manière qui "empiète sur les droits reconnus à ces clients" dont Mfisi Luzu Dieudonné, Shungu Djongelo Guy, Selemani Elongo Christian et Badisa Ilenda Floris, tous agents de carrière de l’État, limogés au sein de la chaîne de télévision thématique de l’éducation du Ministère de l’EPST, EDUC TV, alors qu’ils ne faisaient l’objet d’aucune "action disciplinaire ou d’un soupçon grave dans leur conduite professionnelle".

 

L'avocat affirme que ses clients , tous membres du comité de gestion, "ont été surpris d’apprendre qu’ils ont été limogés par un arrêté dont l’exécution n’a pas été publié dans le journal officiel pour être opposable à tous et ne le sera que le 30 décembre 2019 au delà des heures de service, soir à 17 heures".

Les intéressés ne seront notifiés ni informés sur la remise et reprise qui intervient à leur insu.

L'Avocat en veut encore au ministre Bakonga pour avoir ordonné au Directeur national de la SECOPE "d’élaguer les noms" de ses clients dans le listing de paie du mois de janvier en cours. L'acte posé par le ministre, cardre du PPRD de l'ex - président Joseph Kabila, a été pris en "violation de l’instruction du chef de l’Etat interdisant tout mouvement du personnel dans l’administration publique et des services publics sur l’ensemble du territoire", rappelle l'avocat.

 

Aussi, ajoute-il dans le mémorandum, le ministre Bakonga "a agi avant la signature de l’ordonnance présidentielle fixant les attributions des Ministères".

Il qualifie cet acte de "rébellion" envers le chef de l'Etat, et fait penser "au clientélisme et au népotisme".

Alors que le ministre annoncait vouloir réduire les effectifs de la chaine pour "rationaliser les dépenses", il a "presque doublé le nombre d'agents de 73 à plus de 140", dénonce l'un des concernés.

"Nous demandons notre réintégration ou une nouvelle réaffectation et qu'on libère nos salaires qui sont sacrés. S'il a de l'argent à payer à tous ses frères les Bokungu, donc il y en a aussi pour payer les géniteurs de la chaîne", fulmine ce dernier.  Le ministre qui se trouve en Europe pour une mission n'a pas encore réagi à la plainte de ces employés.

En plus du mémo adressé au Président de la République avec copies à toutes les institutions, un dossier a été ouvert contre cette procédure au Parquet général de la Gombe, selon l'avocat de la partie demanderesse.

Christine Tshibuyi 

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