Delly Sessanga: “Faire imploser le Rassemblement, c’est jouer la partition du pouvoir”

Delly Sessanga, président de l’Alternance pour la République, invite  ses pairs du Rassemblement à la retenue après la désignation de Felix Tshisekedi et Pierre Lumbi à la tête de cette plateforme.

Dans une interview accordée à ACTUALITE.CD ce vendredi 3 mars 2017, Delly Sessanga craint que la crise latente au sein de cette plateforme ne puisse la fragiliser et faire le jeu de la MP.

<b>Comment expliquer les protestations après l'élection de nouveaux animateurs de ce regroupement ?</b>

<em>«Il faut leur poser la question. Naturellement là où les ambitions s’expriment, il peut y avoir des frustrations de ceux qui n’ont pas vu leurs ambitions satisfaites. En revanche, ce que je sais est que le Rassemblement doit être à la hauteur des défis qui sont les nôtres aujourd’hui, c'est-à-dire amener notre peuple aux élections au travers la feuille de route qu’on a pu conquérir avec Etienne Tshisekedi à la tête du Rassemblement</em> ».

<b>Est-ce que le Rassemblement ne risque pas gros avec ces contestations ?</b>

<em>« Je ne prendrai pas les parties de dire que le Rassemblement risque gros. Nous avons gagné et engrangé les résultats significatifs dans la cohésion et dans l’unité. Au delà des clivages et des ambitions. Je crains qu’aujourd’hui les ambitions des uns et des autres ne puissent nuire à l’efficacité de la démarche collective en disant qu’on allait taire les ambitions à cette phase de la lutte qui a pour mission de reconquérir le pouvoir perdu par le peuple, de se choisir par les élections les dirigeants qu’il veut. Je demande à tous nos amis de ranger au frigo leurs ambitions personnelles et privilégier l’intérêt du peuple pour aller aux élections  et à ce moment là, faire valoir ses propres ambitions ».</em>

<b>D’aucun redoutent un éclatement du Rassemblement ?</b>

<em>« Le Rassemblement c’est notre composante. Il va de l’intérêt de chacun de nous de préserver l’unité du Rassemblement, de ménager sa cohésion interne et de travailler à l’unisson pour que nous soyons à la mesure de ce que le peuple attend de nous. Personne ne pourra dans le contexte actuel prendre l’initiative de faire imploser le Rassemblement parce que ça serait faire le jeu de la Majorité ».</em>

<b>Il n’y a-t-il pas risque de dédoublement du Rassemblement ?</b>

<em>« La démocratie n’est ni de l’intégrisme ni du fondamentalisme des uns et des autres. On ne peut pas être dans un groupe et  considérer que si ma personne n’est pas choisie à une fonction, il n’y a plus de démarche collective à mener. Faire un autre jeu aujourd’hui c’est jouer la partition du pouvoir ».</em>

<b>Pourquoi restructurer le Rassemblement aujourd’hui ?</b>

<em>« La restructuration était une démarche qui était en cours du vivant même du président Etienne Tshisekedi. Lorsque nous nous sommes retrouvés à Genval, l’acte d’engagement prévoyait un mécanisme de suivi pour mettre en œuvre les résolutions. Ce mécanisme de suivi devrait être organisé dans le cadre d’un règlement intérieur qui pour des raisons  d’agenda politique n’avait jamais été finalisé. Il était tout à fait normal  d’être à la hauteur, au vu du vide qu’il a créé, pour répondre à la question de sa succession, mais aussi honorer sa mémoire de la meilleure façon en nous donnant des outils qui nous permettent de gérer ce que nous avons en commun à savoir l’accord du 31 décembre ».</em>

<b>Si la MP refusait de reconnaître Pierre Lumbi comme président du CNSA ?</b>

<em>« Je ne peux pas imaginer qu’une composante s’ingère dans les affaires d’une autre composante. C’est une question d’organisation interne et la lettre de l’accord est quand même assez précise pour qu’elle ne puisse souffrir de la moindre interprétation. La bonne foi des uns et des autres doit être évoquée ici pour que l’accord soit mis en œuvre »</em>.

<b>Qu’est-ce que vous attendez des uns et des autres au sein du Rassemblement ?</b>

<em>« Nous attendons que le nouveau président du Rassemblement puisse rassembler les différentes composantes et mettre à contribution son leadership afin que l’unité soit conservée pour accélérer la mise en œuvre de l’accord du 31 décembre".</em>

Interview réalisée par Stanys Bujakera (<a class="ProfileHeaderCard-screennameLink u-linkComplex js-nav" href="https://twitter.com/bujakeratshiams">@<span class="u-linkComplex-target">bujakeratshiams</span></a>)