Les opérateurs économiques de Butembo, dans la province du Nord-Kivu, poursuivent leur mouvement de grève ce mardi 3 novembre, pour une deuxième journée consécutive. Ils dénoncent la multiplicité des taxes, la pression fiscale et les tracasseries administratives qu’ils attribuent à plusieurs services étatiques et paraétatiques.
Le mouvement a été effectivement déclenché lundi 2 novembre, malgré l’annonce antérieure de l’annulation de la grève à l’issue des échanges entre les représentants des commerçants et le conseiller du gouverneur militaire du Nord-Kivu, l’abbé Patrick Kasolene, le samedi 31 octobre, au bureau de liaison du gouvernorat à Butembo.
Une nouvelle rencontre avec le maire de la ville n’a pas permis de débloquer la situation. Selon Patrick Tsongo, porte-parole occasionnel des associations et syndicats des opérateurs économiques de Butembo, l’autorité urbaine n’a pas apporté de réponses satisfaisantes aux préoccupations des commerçants.
Les opérateurs économiques dénoncent notamment les taxes et contrôles effectués par plusieurs services, dont la Direction générale des impôts (DGI), la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations (DGRAD), la Direction générale des recettes du Nord-Kivu (DGRNK) et la Direction générale des douanes et accises (DGDA).
Leurs revendications concernent également les services de l’Environnement, du Tourisme et de l’Économie, l’Inspection du travail, la Société nationale d’assurances (SONAS), la Société congolaise des droits d’auteur et des droits voisins (SOCODA), ainsi que les services des Postes, télécommunications et nouvelles technologies de l’information et de la communication (PTNTIC).
« Au cours de cette réunion, nous avons donné quand-même des propositions. Fort malheureusement, les services n’ont pas été, ou bien les chefs de services n’ont pas été vraiment capables, même le maire de la ville lui-même n’a pas été capable de trouver des réponses par rapport à nos problèmes. Raison pour laquelle la grève continue et nous attendons les autorités, qui sont vraiment capables de donner des réponses concrètes par rapport à nos revendications qui sont claires. Il y a surtaxation sur terrain, il y a menace de services sur terrain, notamment la DGI qui est en train de nous menacer par rapport à des régularisations qui ne sont pas fondées. Il y a la DGRAD qui nous amène les agents avec la CPCC. Ce sont tous les services qui sont en train de nous menacer.», a fait savoir Patrick Tsongo, porte-parole occasionnel des associations et des syndicats des opérateurs économiques de Butembo.
Face à cette impasse, les commerçants sollicitent l’implication du gouverneur militaire du Nord-Kivu afin de trouver une solution durable à ce qu’ils considèrent comme des tracasseries fiscales. Sur le terrain, plusieurs galeries commerciales de Butembo sont restées fermées, tandis que les petits commerçants dénoncent également les contrôles effectués directement sur leurs lieux d’activités.
Cette contestation intervient dans un contexte de tensions autour de la fiscalité dans la région. À Kasindi, des opérateurs économiques signalent que des camions sont bloqués depuis près d’un mois à la suite de l’augmentation des taxes et des frais douaniers.
Quelques jours plus tôt, le jeudi 29 octobre, les activités commerciales avaient également été paralysées à Beni. Les opérateurs économiques y avaient fermé boutiques, magasins et pharmacies pour protester contre la multiplication des taxes et les tracasseries fiscales.
Ils contestaient notamment la perception de la taxe professionnelle annuelle, dont la suspension avait été annoncée par le gouverneur militaire du Nord-Kivu dans une lettre datée du 10 septembre 2025. Les commerçants dénonçaient aussi l’augmentation de certains montants exigés, qui seraient passés, selon eux, de 10 000 à 50 000 francs congolais pour certaines taxes, et de 50 000 à 200 000, voire 300 000 francs congolais pour d’autres.
Josué Mutanava, à Goma