La République démocratique du Congo est officiellement retirée de la liste grise du Groupe d'action financière (GAFI). La décision annoncée vendredi 30 octobre 2026 marque la fin de la surveillance renforcée dont le pays faisait l'objet depuis octobre 2022. En réaction, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a salué ce qu'elle considère comme une reconnaissance internationale des réformes engagées par son gouvernement dans la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.
Dans un communiqué de la Primature parvenu à ACTUALITE.CD, la cheffe de l'exécutif central affirme que cette avancée s'inscrit dans la vision du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi qui, dès l'inscription du pays sur la liste grise, avait mobilisé les institutions concernées autour de l'objectif de restaurer la confiance des partenaires internationaux et de mettre la RDC en conformité avec les normes internationales en matière de lutte contre les flux financiers illicites
« Au-delà de sa portée symbolique, le retrait de la République démocratique du Congo de la liste grise constitue un signal positif adressé à la communauté financière internationale. Il contribue à renforcer la confiance dans l'environnement économique et financier du pays, à améliorer sa crédibilité auprès des investisseurs internationaux et à consolider les conditions de son intégration aux circuits financiers mondiaux », a déclaré la cheffe du gouvernement, Judith Suminwa Tuluka
Le gouvernement souligne toutefois que cette reconnaissance ne constitue pas un aboutissement, mais une étape décisive dans la consolidation de l'État de droit économique et financier.
« Le maintien des acquis, la vigilance permanente et la poursuite des réformes demeurent indispensables pour prévenir toute résurgence des vulnérabilités identifiées », a ajouté la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka.
Cette orientation s'est traduite par une mobilisation des institutions concernées et une action gouvernementale coordonnée ayant permis d'enregistrer des progrès dans la mise en œuvre des 23 actions du plan convenu avec le GAFI. Parmi les avancées enregistrées figurent notamment l'adoption du rapport national d'évaluation des risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme, le renforcement de la supervision fondée sur les risques, l'exploitation du renseignement financier dans les enquêtes et les poursuites judiciaires, ainsi que le renforcement des mécanismes d'identification, de saisie et de confiscation des avoirs d'origine criminelle.
Dans son communiqué, la Première ministre souligne que ce résultat est le fruit d'une mobilisation institutionnelle collective et d'une collaboration entre les différentes structures impliquées dans le processus. À cet effet, elle salue particulièrement « la qualité de la collaboration entre le ministère de la Justice et le ministère des Finances, dans les efforts déployés pour mettre en œuvre les 23 actions inscrites dans le plan d'action convenu avec le GAFI ».
Judith Suminwa a également tenu à reconnaître le travail de la Cellule nationale des renseignements financiers (CENAREF), dont l'expertise et l'engagement ont été déterminants dans la conduite de ce processus. Le gouvernement a par ailleurs félicité les autres institutions ayant contribué à cette démarche, notamment la Banque centrale du Congo, l'Autorité de régulation et de contrôle des assurances (ARCA), le Fonds de lutte contre le crime organisé (FOLUCCO), le Comité consultatif de lutte contre le blanchiment des capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération (COLUB), les autorités judiciaires, ainsi que les administrations publiques et les professionnels assujettis.
La République démocratique du Congo (RDC) vient de sortir officiellement de la liste grise du Groupe d'action financière (GAFI), une organisation internationale de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. L'annonce a été faite ce vendredi 30 octobre 2026 par l'organisation elle-même. Cette décision, adoptée lors de la plénière du GAFI à Paris, « consacre les progrès substantiels accomplis par le pays. Elle témoigne du renforcement continu de son dispositif national de LBC/FT », selon un communiqué de l'organisation.
La RDC était soumise à la surveillance renforcée du processus ICRG du GAFI depuis octobre 2022, en raison de lacunes en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération des armes de destruction massive (LBC/FT). Depuis lors, d'importants efforts et plusieurs réformes ont été engagés, justifiant ainsi le retrait officiel du pays de cette liste.
Clément MUAMBA