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Est de la RDC : HRW estime insuffisantes les sanctions contre le Rwanda pour protéger les civils

Photo ACTUALITÉ. CD

Malgré la série de sanctions américaines visant des officiers militaires et des institutions rwandaises, accusés d’être impliqués dans la déstabilisation de l’Est de la RDC et le pillage de ses ressources naturelles, les combats dans cette partie du pays, notamment entre l’armée congolaise et les groupes armés soutenus par Kigali, se poursuivent.

Chercheuse senior au sein de l'organisation internationale Human Rights Watch (HRW), Clémentine de Montjoye doute que les sanctions, à elles seules, puissent assurer la protection des populations civiles dans les zones touchées par les combats. Elle préconise, en complément, des mesures concrètes susceptibles de mettre un terme aux hostilités et aux violations des droits humains.

« Les sanctions à elles seules ne suffiront toutefois pas à protéger les civils et devraient être accompagnées de mesures concrètes visant à mettre fin aux exactions. Les Nations Unies ont identifié le M23 comme le principal auteur des violations des droits humains documentées en 2025, l'armée congolaise arrivant en deuxième position », écrit Clémentine de Montjoye.

Parallèlement, elle rappelle aux États-Unis et aux autres gouvernements leurs responsabilités vis-à-vis des engagements qui incombent également à Kinshasa. La chercheuse exhorte Washington à exercer des pressions sur les autorités congolaises afin de les contraindre à mener « des enquêtes et [à] poursuivre en justice leurs propres forces responsables d’exactions, [à] veiller à ce qu’elles respectent le droit humanitaire et [à] cesser de soutenir les groupes armés abusifs ».

« Avant tout, il faut intensifier les pressions pour que la protection des civils et la reddition des comptes soient au cœur des négociations pour la paix », conclut la chercheuse senior.

Le Rwanda sous le collimateur des USA depuis 2025

Les États-Unis ont progressivement étendu leurs sanctions contre les acteurs impliqués dans la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC. Le 20 février 2025, Washington avait sanctionné James Kabarebe, alors ministre d’État rwandais chargé de l’Intégration régionale, accusé de jouer un rôle central dans le soutien de Kigali au M23. Les mesures avaient également visé Lawrence Kanyuka, porte-parole du mouvement rebelle, ainsi que deux de ses sociétés.

Le 2 mars 2026, le Trésor américain a franchi un nouveau cap en inscrivant sur sa liste noire les Forces de défense rwandaises (RDF) et quatre de leurs hauts responsables militaires : Vincent Nyakarundi, Ruki Karusisi, Mubarakh Muganga et Stanislas Gashugi.

Le 25 juin 2026, Washington a également ciblé des acteurs impliqués dans le trafic illicite de minerais congolais vers le Rwanda. Plus récemment, le 28 octobre 2026, les sanctions américaines ont directement visé le ministère rwandais de la Défense et Zigama Credit and Savings Society, une institution financière liée aux services de sécurité rwandais, accusée d'avoir facilité des transactions financières liées au soutien au M23 et au commerce illicite des minerais congolais.

Samyr LUKOMBO