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RDC : à Kinshasa, des jeunes des provinces de l’Est du pays condamnent la création du FRN de Kabila et appellent à rejeter la lutte armée

Dynamique de la Jeunesse du Kivu, de l’Ituri et du Maniema

Face à la situation sécuritaire qui se détériore en République Démocratique du Congo, la jeunesse de l’Est lève la voix à Kinshasa. Dans une déclaration publiée ce jeudi 22 octobre, la coordination de la Dynamique de la Jeunesse du Kivu, de l’Ituri et du Maniema (DYJEKIM) condamne la création du Front pour la refondation de la nation (FRN) et dénonce la nomination de l’ancien président Joseph Kabila à la tête de cette coalition politico-militaire.

Cette structure appelle les jeunes du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri et du Maniema à rejeter le recrutement par les groupes armés et demande des sanctions contre les acteurs qui soutiendraient la nouvelle rébellion.

Dans leur déclaration, la DYNEKIM estime que cette nouvelle coalition risque de prolonger les conflits armés qui affectent la région depuis plusieurs décennies. Elle dénonce des initiatives qui, selon elle, favorisent les ambitions politiques au détriment de la sécurité des populations et du développement local.

« Chaque fois qu’une nouvelle rébellion voit le jour, ce sont les ambitions personnelles de quelques acteurs en quête de positionnement qui se traduisent par le sang des Congolais sur le terrain. La jeunesse du Kivu, de l’Ituri et du Maniema exprime aujourd'hui son ras-le-bol général face à ces cycles sans fin », déclare la DYJEKIM.

« Nous disons haut et fort que nos provinces ne sont ni des laboratoires du chaos, ni des fonds de commerce politique », ajoute-t-elle, réclamant pour les populations de l’Est les mêmes garanties de paix, de sécurité et de développement que dans le reste du pays.

Rejet de recours aux armes

La structure des jeunes de l’Est du pays réaffirme son attachement à la Constitution et aux institutions issues de la volonté populaire. Elle soutient que les différends politiques doivent être réglés par des voies légales et pacifiques, estimant qu’aucune frustration politique ne saurait justifier le recours aux armes ou une alliance avec des puissances étrangères contre le pays. Elle condamne explicitement la création du FRN et met en cause l’ancien président Joseph Kabila, annoncée à la tête de cette nouvelle rébellion.

« Nous dénonçons cette énième tentative de replonger le pays dans la guerre sous couvert de prétextes fallacieux qui ne trompent plus personne », déclare-t-elle.

La DYJEKIM appelle, par ailleurs, les jeunes des quatre provinces concernées à ne pas rejoindre les groupes armés, à ne pas céder aux discours de haine ni aux promesses financières et à privilégier les études, l’entrepreneuriat et les initiatives de développement. Elle les invite également à faire preuve de vigilance dans leurs communautés et à collaborer avec les services de sécurité réguliers pour protéger les populations.

Des moyens pour l’armée et des programmes pour les jeunes

Face à la crise sécuritaire, la DYJEKIM demande au commandant suprême des Forces armées de la RDC de renforcer les moyens logistiques et financiers mis à la disposition des militaires déployés sur le terrain, afin de protéger les civils et de rétablir la sécurité.

Elle préconise également la mise en place de programmes d’urgence destinés aux jeunes sans emploi dans les zones touchées par les conflits, dans le but de réduire leur vulnérabilité au recrutement par les groupes armés.

Sur le plan judiciaire, la structure exige que les personnes impliquées dans la déstabilisation de l’Est, ainsi que leurs éventuels complices en RDC et à l’étranger, répondent de leurs actes devant les juridictions compétentes, congolaises ou internationales.

Un appel aux partenaires internationaux

La DYJEKIM interpelle également l’opinion internationale, l’Union africaine et les partenaires techniques sur leur rôle dans la recherche d’une solution durable à la crise dans l’Est du pays.

Elle réclame des sanctions ciblées contre les acteurs étatiques ou individuels qui apporteraient un soutien logistique ou politique à ce qu’elle qualifie de nouvelle agression contre la RDC. Elle insiste, à cet égard, sur le respect de la souveraineté congolaise par les pays de la région des Grands Lacs.

La structure met en garde contre les risques d’instrumentalisation des appartenances ethniques et communautaires dans le contexte de cette nouvelle rébellion.

« La guerre à l'Est n'est pas un problème de tribus, c'est une agression contre la nation tout entière », dit-elle, appelant la population à être unie, solidaire et soudée derrière la République.

James Mutuba

 

 

 

 


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