L’Assemblée nationale a vivement réagi aux propos controversés de Fils Mukoko, ancien directeur général adjoint de la Régie d’assainissement de Kinshasa (RASKIN), qui a menacé de distribuer d’armer des jeunes et d’attaquer les occidentaux et leurs représentations diplomatiques à Kinshasa.
Le président de la chambre basse du Parlement, Aimé Boji Sangara, a condamné des allégations d’une « violence inouïe » et « contraires à la loi », rejetant la violence comme mode de règlement des tensions diplomatiques entre États.
« Les relations entre États peuvent connaître des moments de tension. Lorsqu’elles les traversent, elles se règlent par la voie diplomatique, sous l’autorité du chef de l’État, jamais par la rue, jamais par les armes, jamais par la menace contre les étrangers qui vivent parmi nous sous la protection de nos lois », a-t-il déclaré à l’ouverture de la plénière du mercredi 21 octobre.
À l’en croire, la chambre basse du Parlement approuve les différentes réactions des institutions face à ces déclarations, notamment celles du gouvernement, du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), qui a infligé à Fils Mukoko un embargo médiatique de 88 jours, ainsi que l’annonce de l’ouverture d’une enquête judiciaire par le ministère de la Justice. Il a également évoqué la désolidarisation de son parti, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).
Le président de l’Assemblée nationale a plaidé pour que l’enquête aboutisse rapidement et que la loi soit appliquée, sans considération de l’appartenance politique de l’auteur des faits. Aimé Boji a enfin invité les autorités congolaises à poursuivre les efforts de sécurisation des représentations diplomatiques et des ressortissants étrangers établis en RDC.
« Je veux être clair parce que l’auteur de ces propos prétend parler au nom du patriotisme : le patriotisme, ce n’est pas de menacer un pays ami. C’est de servir sous le drapeau, de défendre la République dans le respect de ses lois et de porter sa voix avec dignité », a-t-il conclu.
Fils Mukoko révoqué de ses fonctions
Dans la soirée du même mercredi, Fils Mukoko, au centre d’un torrent de critiques, a été successivement suspendu puis révoqué de ses fonctions à la tête de la RASKIN. Il lui est notamment reproché un « manquement grave à ses obligations professionnelles ».
Dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, Fils Mukoko, vêtu d’une tenue militaire et coiffé d’un chapeau de type cowboy, menace les Occidentaux présents à Kinshasa et annonce la distribution prochaine d’armes.
« Nous allons distribuer les armes même dans des terrains de football. Nous allons distribuer les armes même dans des églises. Nous allons distribuer les armes même dans des universités. Et cette guerre que la Belgique, que les Occidentaux cherchent, sera généralisée, et les Occidentaux qui sont ici auront du mal, auront du mal à sortir de Kinshasa », a-t-il déclaré.
Dans la même vidéo, il annonce également l’organisation prochaine d’un « méga sit-in » devant l’ambassade de Belgique à Kinshasa.
Ces déclarations ont suscité de vives réactions au sein des institutions. Outre l’embargo médiatique de 88 jours prononcé par le CSAC, qui l’a également invité à se présenter devant ses services, le ministre de la Justice a instruit l’ouverture d’une enquête à son encontre. Son parti, l’UDPS, s’est également désolidarisé de ses propos et a réaffirmé son attachement au principe de non-violence.
Samyr LUKOMBO