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Interdiction de donner la parole au FRN : RSF dénonce le caractère disproportionné des restrictions et appelle le CSAC à garantir le droit des journalistes à couvrir le conflit dans l’Est de la RDC

Micro ACTUALITE.CD

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) menace de sanctions les responsables des médias audiovisuels, les journalistes, les présentateurs, les animateurs, les producteurs, les opérateurs politiques, les analystes, les consultants, les chroniqueurs, les invités des émissions, les intervenants à la télévision et à la radio, ainsi que les créateurs de contenus numériques et les influenceurs qui vont accorder la parole aux représentants du Front de résistance nationale (FRN), actuellement dirigé par l’ancien chef de l’État Joseph Kabila Kabange. Ce mouvement politico-militaire a succédé à la rébellion de l’AFC/M23 et bénéficie de l’appui du Rwanda et des structures armées qui lui sont liées dans un contexte marqué par la poursuite des hostilités et la détérioration de la situation humanitaire à la suite des combats dans l’est de la RDC.

Dans une décision adoptée le 15 octobre 2026 et rendue publique le 19 octobre, soit quelques jours après la sortie officielle de cette rébellion dirigée par Joseph Kabila, l’autorité de régulation estime que toute initiative contraire à ses recommandations équivaut à une légitimation, à une glorification, des activités de la rébellion, de ses actes de violence, de ses crimes et des atteintes à la stabilité des institutions légalement établies et à l’intégrité territoriale.

Une démarche qui n’a pas laissé indifférent Reporters sans frontières (RSF) qui dénonce des mesures disproportionnées, formulées en des termes dangereusement vagues. Dans une déclaration publiée ce jeudi 22 octobre 2026 sur ses plateformes de réseaux sociaux, RSF appelle le CSAC à garantir le droit des journalistes à couvrir le conflit dans l’est du pays.

« Dans une décision du 19 octobre, le CSAC menace de sanctionner les médias qui donnent la parole aux FRN ou diffusent certains contenus liés aux groupes armés. RSF dénonce le caractère disproportionné de ces restrictions, formulées en termes dangereusement vagues, et appelle l’autorité de régulation à faire respecter le droit des journalistes à couvrir le conflit dans l’est du pays », a écrit RSF ce jeudi 22 octobre.

À travers cet appel adressé au CSAC en vue de garantir le droit des journalistes à couvrir le conflit dans l’est de la RDC, RSF entend mettre en avant la nécessité de concilier les impératifs de sécurité nationale avec le respect de la liberté de la presse et du droit du public à l’information alors que la décision du CSAC fait suite à l’officialisation de Joseph Kabila à la tête de ce nouveau mouvement politico-militaire qui occupe de vastes pans de territoire dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Ces événements interviennent dans un contexte où les initiatives diplomatiques de Washington et de Doha, censées contribuer au rétablissement de la paix dans l’est de la RDC, restent au point mort, sans progrès réel et tangible sur le terrain. Elles sont également caractérisées par des accusations mutuelles concernant des violations de l’Accord de Washington, signé sous les auspices des États-Unis d’Amérique, et du protocole d’accord de Doha, signé sous les auspices de l’État du Qatar entre Kinshasa et la rébellion.

Clément MUAMBA


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