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Affaire Fils Mukoko : l’Assemblée nationale condamne des « propos d’une violence inouïe » et « contraires à la loi »

Photo d'illustration

L’Assemblée nationale a condamné les propos de Fils Mukoko, cadre de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), qui a menacé de distribuer des armes à des jeunes et d’attaquer les occidentaux ainsi que leurs ambassades, dont celle de Belgique à Kinshasa.

Le président de la chambre basse du Parlement, Aimé Boji Sangara, a dénoncé des déclarations d’une « violence inouïe » et « contraires à la loi », au regard notamment des obligations constitutionnelles et internationales de la République démocratique du Congo.

S’exprimant à l’ouverture de la plénière du mercredi 21 octobre, Aimé Boji a estimé que les déclarations de l’ancien directeur général adjoint de la Régie d’assainissement de Kinshasa (RASKIN) contreviennent à l’article 190 de la Constitution qui interdit aux civils de porter des armes de guerre.

M. Boji a également rappelé les obligations internationales de la RDC en matière de protection des représentations diplomatiques étrangères « car la République démocratique du Congo est partie à la convention de Vienne sur les relations diplomatiques. Elle a donc le devoir de protéger les représentations étrangères et ceux qui les servent ».

Évoquant le partenariat stratégique entre la RDC et la Belgique sur les plans politique, diplomatique et économique, il a jugé les propos de Fils Mukoko « contraires aux intérêts » du pays. Il a notamment salué le rôle de Bruxelles au sein de l’Union européenne dans la défense de la cause congolaise face à l’agression dont la RDC est victime.

« Entre nos deux peuples, il y a une histoire partagée et une diaspora qui fait le lien chaque jour », a-t-il souligné.

Fils Mukoko sous pression après ses déclarations

Ces déclarations interviennent alors que Fils Benoît Mukoko fait l’objet de plusieurs mesures prises à la suite de la diffusion d’une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. Il a été révoqué par le gouverneur de Kinshasa. Le ministre de la Justice a également instruit l’ouverture d’une enquête à son encontre.

De son côté, le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) lui a infligé un embargo médiatique de 88 jours et l’a convoqué devant ses services. Son parti, l’UDPS, s’est également désolidarisé de ses déclarations, réaffirmant son attachement au principe de non-violence.

Dans la vidéo en question, Fils Mukoko, vêtu d’une tenue militaire et coiffé d’un chapeau de type cowboy, menace les occidentaux présents à Kinshasa et annonce la distribution prochaine d’armes.

« Nous allons distribuer les armes même dans des terrains de football. Nous allons distribuer les armes même dans des églises. Nous allons distribuer les armes même dans des universités. Et cette guerre que la Belgique, que les Occidentaux cherchent, sera généralisée, et les Occidentaux qui sont ici auront du mal, auront du mal à sortir de Kinshasa », a-t-il déclaré.

Dans la même vidéo, il annonce également l’organisation prochaine d’un « méga sit-in » devant l’ambassade de Belgique à Kinshasa.

Ces propos ont provoqué de nombreuses réactions au sein des institutions et de la classe politique, plaçant désormais l’ancien responsable de la RASKIN sous la pression administrative, médiatique et judiciaire.

Samyr LUKOMBO