Le ministre provincial de l’Environnement, de la Propreté publique, de l’Embellissement de la ville et de l’Aménagement a décidé de suspendre Fils Mukoko de ses fonctions de directeur général a.i. de la Régie d’assainissement de Kinshasa (RASKIN), à la suite de ses propos controversés annonçant la distribution d’armes et menaçant les Occidentaux présents à Kinshasa.
Dans un document officialisant cette décision, Léon Mulumba estime que les déclarations de ce cadre de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) constituent une violation de l’article 19 du Code de bonne conduite de l’agent public de l’État. Cette disposition oblige notamment les agents publics à s’abstenir de menaces, d’injures, d’intimidations et d’autres formes de violence.
Le membre du gouvernement provincial dirigé par Daniel Bumba justifie cette mesure par la nécessité de garantir la sérénité de l’enquête annoncée par le ministère de la Justice sur cette affaire. Fils Mukoko est notamment suspendu pour manquement grave à ses obligations professionnelles.
Dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, Fils Mukoko, vêtu d’une tenue militaire et coiffé d’un chapeau de type cowboy, menace les Occidentaux présents à Kinshasa et annonce la distribution prochaine d’armes.
« Nous allons distribuer les armes même dans des terrains de football. Nous allons distribuer les armes même dans des églises. Nous allons distribuer les armes même dans des universités. Et cette guerre que la Belgique, que les Occidentaux cherchent, sera généralisée, et les Occidentaux qui sont ici auront du mal, auront du mal à sortir de Kinshasa », a-t-il déclaré.
Dans la même vidéo, il annonce également l’organisation prochaine d’un « méga sit-in » devant l’ambassade de Belgique à Kinshasa.
Ces déclarations ont suscité des réactions des autorités. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) a, de son côté, infligé à Fils Mukoko un embargo médiatique de 88 jours et l’a invité à se présenter devant ses services. son parti, UDPS, lui aussi, s'est désolidarisé de lui.
Samyr LUKOMBO