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Kabila à la tête du FRN: « Cette voie est illégitime et ne conduit ni à la stabilité, ni à la paix, ni à la démocratie », interpelle la Belgique 

Joseph Kabila

Cela fait une dizaine de jours que la nouvelle coalition politico-militaire, le Front pour la refondation de la nation (FRN) a remplacé l’AFC/M23 qui combat les forces gouvernementales congolaises dans l’Est du pays. Le FRN est dirigé par l’ancien président de la République, Joseph Kabila. L’engagement de ce dernier à la tête d’une rébellion a fait réagir la Belgique.  Par la voix de Maxime Prévot, Vice-Premier ministre des Affaires étrangères, a fermement condamné mercredi 21 octobre, l’annonce de la création de ce mouvement et dénoncé le recours aux armes comme moyen d’accéder au pouvoir. Il a appelé les différentes parties à privilégier le dialogue et les négociations pour mettre fin au conflit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). 

« La Belgique a toujours défendu une approche fondée sur le dialogue et la recherche de solutions pacifiques, convaincue qu’il n’existe aucune solution militaire au conflit. Toute escalade armée ne ferait qu’aggraver les souffrances d’une population qui demeure la première victime de rivalités et d’ambitions qui la dépassent. Cette violence insensée doit stopper. La Belgique exhorte dès lors toutes les parties à demeurer plus que jamais sur le chemin du dialogue et de la négociation. C’est la seule approche raisonnable et responsable », a affirmé Maxime Prévot.

Alors que la situation sur le terrain continue de se détériorer, avec la poursuite des hostilités et les faibles résultats des initiatives diplomatiques, Maxime Prévot estime que les processus de Doha et de Washington constituent des cadres importants pour la recherche d’une solution au conflit, malgré la persistance des violences et la lenteur des avancées diplomatiques

« Malgré la situation sur le terrain et la lenteur des progrès des processus de Doha et de Washington, ils ont le mérite d’exister et d’offrir un cadre d’échange accepté par toutes les parties. Des réunions ont lieu encore ce mois et le mois prochain au titre des deux processus, et il est positif que les co facilitateurs de l’Union africaine aient aussi pu récemment se rendre à Kinshasa, à Goma et à Kigali pour contribuer aux efforts de médiation. Ce n’est donc pas rien. Dans d’autres situations de conflit, rappelons-le, ce cadre n’existe même pas », a insisté le chef de la diplomatie belge.

Par ailleurs, Maxime Prévot a réaffirmé la détermination de la Belgique à soutenir les initiatives de paix et à encourager la mise en œuvre des engagements pris par les différentes parties. Le ministre belge a également annoncé la poursuite de ses consultations avec ses homologues de la région, les responsables de l’Union européenne et les pays engagés dans les efforts de médiation.

« Dès lors, la Belgique continuera à soutenir fermement les processus de Doha et de Washington, ainsi qu’à plaider pour la mise en œuvre intégrale et de bonne foi des engagements qui y ont été pris. Dans le même esprit, je poursuivrai naturellement mes consultations avec mes homologues de la région, de l’Union européenne ainsi qu’avec les pays investis dans les efforts de médiation, afin d’examiner les réponses à apporter par la communauté internationale face à cette évolution préoccupante et à toute tentative de faire dérailler les processus de négociation ».

Alors que la crise perdure et que les affrontements se poursuivent malgré la conclusion des accords de Washington entre Kinshasa et Kigali, sous les auspices des États-Unis ainsi que le lancement du processus de Doha, destiné à traiter le conflit entre Kinshasa et l’AFC-M23, les appels à la retenue et au respect des engagements pris se multiplient aux niveaux national, régional et international.

Les différentes parties sont régulièrement invitées à appliquer les dispositions convenues dans le cadre de ces initiatives de paix. Cependant, ces exhortations n’ont pas encore produit d’effets significatifs sur le terrain. Cette situation ravive les interrogations sur le fossé qui persiste entre les avancées enregistrées dans les discussions diplomatiques et la réalité sécuritaire dans les zones de conflit. La réduction de cet écart demeure un défi majeur pour les acteurs engagés dans la recherche d’une solution durable à la crise.

Chaque partie continue de défendre sa propre interprétation des engagements contenus dans les accords de Washington, ce qui complique davantage leur application et entretient les incertitudes quant à leur mise en œuvre effective. Cet appel de la Belgique va dans la même direction.

Clément MUAMBA


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