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RDC : l’ONU alerte sur l’écart entre les accords de paix et la situation sécuritaire dans l’Est

Photo d'illustration

L’Organisation des Nations unies (ONU) a appelé à réduire l’écart entre les avancées diplomatiques et la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Devant le Conseil de sécurité, mercredi 14 octobre, l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour la région des Grands Lacs, Huang Xia, a exhorté les parties à saisir la dynamique actuelle des efforts de paix, avertissant que « pareille fenêtre ne reste pas ouverte indéfiniment ».

Cet appel intervient alors que plusieurs initiatives diplomatiques sont engagées pour tenter de mettre fin au conflit dans l’Est congolais. L’accord de Washington, signé le 27 juin 2025 entre la RDC et le Rwanda, vise notamment à apaiser les tensions entre les deux pays et à encadrer des engagements sécuritaires.

En parallèle, le processus de Doha, lancé en juillet 2025 sous la médiation du Qatar, porte sur les négociations entre le gouvernement congolais et l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23). Ces deux démarches traitent de dimensions différentes, mais liées, de la crise régionale.

Huang Xia a salué les progrès enregistrés dans ces deux processus ainsi que deux autres développements : la signature d’un protocole entre les autorités congolaises et les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) relatif au désarmement, à la démobilisation et au cantonnement de leurs combattants, et l’opérationnalisation du Mécanisme conjoint de vérification élargi Plus (MCVE+).

Ce mécanisme a effectué ses premières missions de vérification à Minembwe, au Sud-Kivu, en août, puis à Masisi, au Nord-Kivu, en septembre. Pour l’Envoyé spécial, ces démarches constituent des avancées vers la mise en œuvre des engagements déjà pris.

Toutefois, ces progrès diplomatiques ne se traduisent pas encore par une amélioration de la situation sur le terrain. « Néanmoins, la situation sécuritaire et humanitaire dans l’est de la RDC a continué de se détériorer », a-t-il déclaré. Il a notamment évoqué les difficultés à instaurer un véritable cessez-le-feu, l’utilisation croissante de drones armés dans des zones habitées et la propagation de la maladie à virus Ebola.

Les tensions entre la RDC et le Rwanda, mais aussi la méfiance persistante entre le Burundi et le Rwanda, continuent par ailleurs de peser sur les perspectives de règlement du conflit. Huang Xia a ainsi plaidé pour un rôle accru de l’Union africaine, en complément des initiatives de Washington et de Doha.

Au Conseil de sécurité, plusieurs délégations ont appelé à des mesures concrètes pour faire respecter les engagements. La France a estimé que le Conseil devait maintenir la pression sur les acteurs qui entravent la paix. Le Royaume-Uni a insisté sur la coordination entre les différents processus de médiation.

Les États-Unis ont exhorté les parties à respecter le cessez-le-feu et à éviter toute rhétorique incendiaire. La Lettonie et le Danemark ont demandé le retrait des troupes rwandaises de la RDC et la fin du soutien au M23. Le représentant danois a rappelé qu’« aucune solution militaire » n’était possible.

De son côté, le représentant congolais a réclamé le retrait des Forces de défense rwandaises et de leurs supplétifs du M23. Il a également dénoncé l’installation d’administrations parallèles dans l’Est, qu’il a qualifiée d’« institutionnalisation du fait accompli ». Kinshasa a par ailleurs soutenu que les mesures de démobilisation des FDLR ne devaient pas devenir une condition préalable au retrait des forces rwandaises.

Le Burundi a appelé à une coopération régionale renforcée contre les groupes armés, évoquant notamment les activités de RED Tabara au Sud-Kivu et les tensions persistantes avec Kigali. La fermeture de la frontière entre le Burundi et le Rwanda depuis janvier 2024 a également été mentionnée lors de la réunion.

Kuzamba Mbuangu