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Patrick Mbeko : « Cessons de tricher avec les textes, respectons la volonté populaire »

Actualite.cd

Pour l'analyste Patrick Mbeko, la crise actuelle en RDC est le fruit du non-respect des règles et de la volonté du peuple. Invité mardi 13 octobre du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, il a appelé les Congolais à « revenir à la raison » : « Cessons de tricher avec les textes, respectons-les et respectons surtout la volonté populaire. Quand on ne la respecte pas, on arrive à ce genre de situation. »

Selon lui, la crise était prévisible, tant la configuration politique proposée aux Congolais en 2018 était « hautement problématique ». Patrick Mbeko pointe l'accord politique conclu cette année-là, qu'il juge à l'origine des difficultés actuelles et que personne, regrette-t-il, ne veut interroger. Rejoignant Christian Moleka, il dénonce des dirigeants dont la conception du pouvoir est centrée sur leur personne et leur propre système, une réalité qui éclate aujourd'hui au grand jour avec le positionnement officiel de Joseph Kabila.

Revenant sur la relation avec Kigali, l'analyste estime que les Congolais ne manipulent pas le Rwanda, mais ont pris l'habitude d'« instrumentaliser l'instrumentalisation rwandaise ». Il cite le rapprochement opéré par Félix Tshisekedi avec Kigali après son arrivée au pouvoir, alors qu'il cherchait des appuis face à Joseph Kabila, qui entendait garder la main sur les institutions.

Sur les objectifs de l'AFC/M23, Patrick Mbeko distingue deux visions : celle de Joseph Kabila et de Corneille Nangaa, qui visent la prise du pouvoir à Kinshasa, et celle du Rwanda, pour qui le contrôle d'une partie du territoire congolais serait l'enjeu essentiel. Dans cette configuration, les acteurs politiques « se battent autour de leur butin », au détriment du peuple congolais.

L'analyste estime enfin que le Rwanda tire profit de l'incapacité des Congolais à se gouverner de manière responsable. Toute stratégie de déstabilisation, rappelle-t-il, s'appuie sur les fragilités intérieures d'un pays. « La seule différence, c'est que ce sont des Congolais, certains d'entre eux, qui jouent le rôle de déstabilisateurs », conclut-il.