La création à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu du Front pour la refondation de la nation (FRN), un mouvement politico-militaire qui succède à l’AFC/M23 et qui est dirigé par l’ancien chef de l’État Joseph Kabila Kabange continue de susciter des réactions dans l’environnement sociopolitique congolais. Si, pour certains, cette initiative se justifie au regard des « injustices subies » de la part du régime de Félix Tshisekedi et de la mauvaise gouvernance qui gangrène le pays depuis l’alternance politique de 2019, d’autres en revanche, peinent à digérer cette option prise par un ancien président de la République qui, en son temps, avait même combattu cette rébellion alors connue sous la dénomination de Mouvement du 23 mars (M23).
Pour Élysée Bokumwana, vice-ministre du Budget et cadre de l’Union sacrée de la nation, Joseph Kabila Kabange, ancien président de la RDC, est désormais un rebelle. Selon le coordonnateur des Forces politiques alliées à l’UDPS, cette officialisation lève tout doute sur le rôle de l’ancien chef de l’État, qu’il qualifie de « vrai patron » de la rébellion à l’origine de la déstabilisation de l’est de la République démocratique du Congo.
« Il ne fait plus l’ombre d’aucun doute que c’est Joseph Kabila qui est le vrai patron du M23/AFC. Aujourd’hui, en prenant la tête du FRN, qui succède de plein droit à l’AFC, il s’affiche dans un élan de complicité sans pareil avec tous les responsables de cette agression réunis à Goma », a-t-il déclaré mercredi 14 octobre 2026 dans une réaction transmise à la presse.
Face à cette évolution, Élysée Bokumwana maintient et durcit ses propositions formulées en juin 2025 à savoir le retrait de la nationalité congolaise. Selon lui, il est plus que jamais impératif de retirer la nationalité congolaise à Joseph Kabila pour usurpation d’identité
« Ce n’est plus une supposition. Cet affichage à Goma s’inscrit dans une stratégie du chaos mise en place depuis longtemps, avec une stricte répartition des tâches entre Kagame et Kabila. Fort de son statut d’ancien chef de l’État, Kabila essaie d’obtenir la balkanisation du pays, chose qu’il n’a pas pu accomplir entièrement pendant ses 18 ans de misère à la tête de notre pays ».
Tout en dénonçant cette manœuvre, le vice-ministre chargé du Budget a, une nouvelle fois apporté son soutien total et indéfectible au chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi, commandant suprême des FARDC, afin, selon lui, d’anéantir cette coalition du mal, de restaurer l’autorité de l’État et de rétablir la souveraineté nationale sur l’ensemble du territoire.
En République démocratique du Congo (RDC), un nouveau mouvement politico-militaire dénommé Front pour la refondation de la nation (FRN) a vu le jour lundi 12 octobre 2026, à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu. Ce mouvement est désormais présidé par Joseph Kabila Kabange, ancien président de la République. Il est secondé par Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa, tous deux nommés vice-présidents
Selon la composition annoncée, Emmanuel Sultani Makenga conserve ses fonctions de chef d’état-major général de la branche armée, avec rang de vice-président. Freddy Kaniki occupe le poste de secrétaire général, tandis que Benjamin Mbonimpa, chargé des négociations de l’AFC/M23 dans le cadre du processus de paix de Doha, devient secrétaire général adjoint. Enfin, Désiré Rukomera est nommé secrétaire permanent du Collège des fondateurs
La création de ce nouveau mouvement politico-militaire qui succède à l'AFC/M23 désormais dissoute, fait suite au dernier discours de Joseph Kabila dans lequel il avait dénoncé la mauvaise gouvernance et le bilan catastrophique du pays sous Félix Tshisekedi, qui lui a succédé à la tête de la RDC en janvier 2019. Joseph Kabila avait annoncé la publication dans les prochains jours, d’une série d’actions visant à mettre fin selon lui, à la tyrannie du régime de Félix Tshisekedi.
Clément MUAMBA