Que cherche réellement Joseph Kabila, qui a disposé de dix-huit ans pour bâtir l'armée, la justice et les institutions qu'il dénonce aujourd'hui ? Reprendre le pouvoir, se protéger, peser dans une négociation ou réécrire son héritage ? Invité mardi 13 octobre du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, le politologue Christian Moleka privilégie la piste d'une pression militaire destinée à contraindre le pouvoir à revoir ses positions.
Selon lui, l'objectif immédiat de l'ancien président découle de la logique qu'il prête à son camp : « Je l'ai fabriqué, il n'a plus le pouvoir, je peux le déstructurer, le faire partir. » Il s'agirait donc de fragiliser Kinshasa, « probablement en étendant la guerre vers le Katanga », afin d'obliger le pouvoir à revenir sur ses positions et à négocier. Les discussions pourraient alors porter sur la Constitution, le calendrier électoral ou le dialogue. « C'est le scénario le plus raisonnable », estime le politologue.
Christian Moleka juge en revanche peu probable une prise du pouvoir par les armes. « Nous ne sommes plus en 1998 », souligne-t-il, rappelant que les alliances régionales ont profondément évolué depuis la deuxième guerre du Congo. Le danger réside ailleurs : un affaiblissement durable de Kinshasa pourrait ouvrir la voie à une « soudanisation » du pays, voire au scénario redouté de tous, celui d'une « balkanisation » de la RDC.