L’Alliance Citoyenne pour la Patrie (AP) a saisi l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), un organe du Département du Trésor américain, au sujet d’un possible contournement des sanctions américaines liées au conflit dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Dans un dossier daté du 1er octobre et rendu public ce vendredi 2 octobre 2026 à Kinshasa, cette plateforme exprime ses préoccupations concernant la participation directe de Bank of Kigali au Cross-Border Interbank Payment System (CIPS), une infrastructure chinoise dédiée notamment aux paiements transfrontaliers en renminbi.
L’accord de participation de cette banque rwandaise à ce système a été signé le 8 septembre dernier à Xiamen, en Chine. Selon l’AP, cette évolution mérite une attention particulière au regard des sanctions américaines visant les Forces de défense rwandaises, certains de leurs responsables ainsi que des réseaux présumés impliqués dans le commerce illicite des minerais congolais.
L’organisation craint que ces nouveaux mécanismes de paiement puissent servir à maintenir des transactions financières au profit de personnes ou d’entités visées par les restrictions américaines, réduisant ainsi leur portée.
Dans sa démarche, l’AP demande à l’OFAC d’examiner les opérations effectuées à travers ces circuits, d’identifier les bénéficiaires effectifs et d’établir le rôle éventuel de sociétés intermédiaires. Elle sollicite également une attention particulière sur les flux financiers liés aux minerais provenant des zones affectées par le conflit dans l’Est de la RDC.
Cette saisine est accompagnée d’un dossier technique et documentaire comprenant notamment une chronologie des faits, une analyse des mécanismes de paiement ainsi que des références au dispositif américain de sanctions.
Pour l’Alliance Citoyenne pour la Patrie, les autorités américaines doivent renforcer leur vigilance afin de prévenir toute utilisation de circuits financiers alternatifs susceptible de compromettre l’efficacité des mesures restrictives.
L’organisation estime, par ailleurs, que les initiatives diplomatiques en faveur d’une paix durable dans l’Est de la RDC doivent être accompagnées d’actions concrètes contre les mécanismes économiques et financiers susceptibles de contribuer à la poursuite du conflit.
Elle inscrit cette démarche dans son engagement en faveur de la souveraineté congolaise, de la protection des populations et de la lutte contre l’impunité.