La demande du député national Augustin Kabuya de décaler en soirée la cérémonie solennelle de la rentrée parlementaire afin d’éviter une quelconque confrontation avec la marche de la Coalition article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel, prévue le même jour, nourrit des réactions tant dans l’opposition que dans la majorité.
Après la réprobation, par des opposants, d’une perspective de violence que le chef du parti au pouvoir associe à la manifestation de l’opposition, c’est au tour d’André Mbata, secrétaire permanent de l’Union sacrée de la nation, de tacler la demande d’Augustin Kabuya, qu’il qualifie de « sans précédent ».
Dans une note partagée par sa cellule de communication, le président de la commission politique, administrative et juridique de l’Assemblée nationale rappelle à son compagnon de la majorité que l’exercice des droits de l’homme peut faire l’objet de certaines limitations, y compris dans les démocraties les plus abouties, relevant toutefois que, depuis l’indépendance, aucune rentrée parlementaire n’a été organisée en soirée.
Bien avant lui, c’est Franklin Tshamala, secrétaire général du parti Leadership et gouvernance pour le développement (LGD) de Matata Ponyo, qui avait critiqué la requête d’Augustin Kabuya. Interrogé jeudi par ACTUALITE.CD, l’opposant s’est dit étonné par la démarche de l’élu de Mont-Amba, qui présente comme une perspective de violence une « démarche pacifique d’expression démocratique ».
Le secrétaire général du parti de l’ancien Premier ministre estime que cette marche sera avant tout une occasion pour la coalition article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel de transmettre « un message politique précis » aux députés nationaux, qu’il juge « en désharmonie totale avec le peuple ».
Dans une lettre datée du 9 septembre adressée au rapporteur de l’Assemblée nationale, Augustin Kabuya, tout en reconnaissant le droit de manifester, avait sollicité le décalage en soirée de la cérémonie de rentrée parlementaire. Il justifiait cette demande par la nécessité d’éviter de compromettre les conditions de circulation à travers la capitale et de préserver la dignité des élus nationaux.
Samyr LUKOMBO