Invitée lundi du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, l'ancienne ministre des Droits humains Marie-Ange Mushobekwa s'en est prise à ses successeurs au ministère, qu'elle accuse de ne jamais oser condamner publiquement les abus commis par certains éléments de la police, de l'armée ou de la magistrature.
Un défi lancé à ses successeurs
L'ancienne ministre a énuméré les personnalités qui lui ont succédé au ministère des Droits humains depuis son départ du gouvernement dont Fabrice Puela, André Lite et Samuel Mbemba, en soulignant qu'elles sont toutes juristes de formation. Elle leur a lancé un défi direct : citer un seul cas où l'un d'entre eux aurait publiquement condamné des abus policiers ou militaires.
Mushobekwa a pris soin de préciser qu'elle ne visait pas l'ensemble de la police nationale, qu'elle s'est refusée à qualifier globalement de corps de « voyous », mais spécifiquement les policiers, militaires ou magistrats indisciplinés qui abusent de leur pouvoir.
« Ils ont peur de se retrouver eux-mêmes en prison »
Selon elle, aucun de ses successeurs n'a osé condamner de tels abus, par crainte des conséquences personnelles, jusqu'à la crainte d'être eux-mêmes emprisonnés, et parce qu'une telle condamnation publique serait perçue, selon elle, comme un acte de trahison envers le régime en place, alors qu'il s'agit pourtant, a-t-elle rappelé, d'une attribution relevant directement de leur fonction.
Elle a opposé à ce silence sa propre pratique lorsqu'elle occupait le poste, affirmant avoir elle-même osé condamner, durant son mandat, les abus commis par la police, l'armée et certains magistrats, ainsi que les actes posés contre les agents de l'État et contre la population congolaise.
Pour Marie-Ange Mushobekwa, le simple fait que les ministres qui lui ont succédé se retrouvent aujourd'hui « muselés » constitue, selon ses propres mots, une preuve indiscutable que la situation des droits humains se porte mal en République démocratique du Congo.