Alors que la rentrée scolaire a eu lieu ce mardi 1er septembre sur l’ensemble du territoire national, le député national Remyxon Mukweso, élu de la ville de Butembo, demande le report d’un mois le début effectif de l’année scolaire dans les zones affectées par l’épidémie à virus Ebola. Sa proposition est contenue dans une correspondance adressée depuis le lundi 31 août 2026 à la ministre d’État et ministre de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté.
Dans la province de l’Ituri, cette demande concerne notamment les zones de Mungwalu, Bunia, Rwampara, Nyakunde, Nizi, Logo, Nia-Nia et Fataki. Au Nord-Kivu, elle concerne les villes et territoires de Butembo, Lubero et Beni.
Cette démarche est motivée par les risques de contamination et de transmission du virus dans les établissements scolaires, notamment en raison de la promiscuité en milieu scolaire et des difficultés à faire respecter les mesures barrières auprès des enfants, particulièrement dans les classes maternelles et les premières classes de l’enseignement primaire.
L'élu de Butembo relève également la précarité du fonctionnement de nombreuses écoles primaires et maternelles, où l’acquisition des équipements sanitaires, notamment les lave-mains, thermo flashs et gels hydroalcooliques, constitue un défi important.
Il estime par ailleurs que les équipes de riposte n’ont pas encore atteint un niveau optimal dans la maîtrise des cas confirmés et le suivi des contacts, dans un contexte marqué par la croissance des contaminations et la persistance des décès communautaires.
À Butembo, présentée comme l’épicentre de la 17ᵉ épidémie d’Ebola due à la souche Bundibugyo au Nord-Kivu, quatre nouveaux centres de traitement d’Ebola sont en cours de construction. Cette situation est considérée comme un indicateur de l’évolution et de l’ampleur de l’épidémie.
Le report temporaire d’un mois devrait, selon la démarche du député Remyxon Mumbere Mukweso, va permettre de réduire les risques d’exposition et de transmission dans les établissements scolaires et d’accorder davantage de temps aux services de riposte pour renforcer la prise en charge des cas confirmés, la surveillance épidémiologique et la maîtrise de la chaîne de transmission.
Une proposition qui ne fait pas l’unanimité
La proposition est contestée par l’ancien député provincial Promesse Matofali qui préconise plutôt le renforcement des mesures de prévention et de lutte contre la transmission du virus au sein des établissements scolaires.
Pour lui, le maintien des élèves et écoliers à l’école permet un meilleur encadrement et une surveillance par les enseignants et les surveillants, contrairement à leur présence à la maison sans contrôle parental permanent. Cet ancien élu de la ville de Butembo plaide ainsi pour le renforcement des mesures barrières dans les écoles, tout en maintenant le programme éducatif.
Josué Mutanava, à Goma