Madame Denise Mukendi Dusauchoy a été arrêtée dimanche 30 août 2026 en République-Unie de Tanzanie par les autorités tanzaniennes à la suite d’un mandat d’arrêt délivré par les autorités judiciaires de la République démocratique du Congo (RDC). L’annonce a été faite par le ministère d’État, ministère de la Justice et Garde des Sceaux, qui précise que cette arrestation intervient dans le cadre des mécanismes de coopération judiciaire internationale.
Selon le communiqué dudit ministère, partagé avec la presse par sa cellule de communication dans la nuit du lundi 31 août au mardi 1er septembre 2026, cette mesure fait suite à des démarches engagées par les autorités judiciaires congolaises dans le cadre de plusieurs dossiers pénaux actuellement en instruction.
« Le ministère d’État, ministère de la Justice et Garde des Sceaux informe l’opinion publique que Mme Denise Dusauchoy a été arrêtée le 30 août 2026 en République-Unie de Tanzanie par les autorités compétentes tanzaniennes, en exécution d’un mandat d’arrêt délivré par les autorités judiciaires de la République démocratique du Congo, dans le cadre des mécanismes de coopération judiciaire internationale. Cette arrestation fait suite aux démarches judiciaires engagées par les autorités compétentes de la République démocratique du Congo dans le cadre de dossiers pénaux en cours d’instruction », lit-on dans le document.
Le ministère revient également sur les démarches judiciaires entreprises au cours de l’année 2025. Il affirme qu’en octobre et novembre de cette même année, le procureur général près la Cour de cassation avait adressé aux autorités judiciaires belges trois commissions rogatoires internationales. Ces demandes concernaient, selon le communiqué, des dossiers pénaux ouverts au Parquet de grande instance de Kinshasa/Gombe, impliquant Mme Denise Dusauchoy ainsi que d’autres personnes.
« Des mandats d’arrêt internationaux avaient également été émis dans le cadre de ces procédures », précise le ministère de la Justice et Garde des Sceaux.
Le ministère de la Justice a par ailleurs salué la collaboration des autorités tanzaniennes dans l’exécution de cette mesure judiciaire.
« Le ministère d’État, ministère de la Justice et Garde des Sceaux salue la qualité et l’efficacité de la coopération entre les autorités compétentes de la République démocratique du Congo et celles de la République-Unie de Tanzanie », souligne le communiqué.
Kinshasa a également exprimé sa reconnaissance aux autorités tanzaniennes pour leur « collaboration diligente » et réaffirmé sa volonté de renforcer la coopération judiciaire internationale, notamment dans la lutte contre l’impunité et en faveur de l’effectivité de la justice. Le ministère insiste toutefois sur un point essentiel : l’arrestation ne constitue pas une déclaration de culpabilité.
« L’arrestation de Mme Denise Dusauchoy constitue un acte de procédure judiciaire et ne préjuge en rien de sa culpabilité. L’intéressée demeure bénéficiaire de la présomption d’innocence jusqu’à l’intervention d’une décision judiciaire définitive », précise le ministère de la Justice et garde des Sceaux.
Bien avant cette nouvelle arrestation en Tanzanie, le tribunal de paix de Kinshasa-Ngaliema avait condamné, lundi 16 décembre 2024, l’influenceuse Denise Mukendi Dusauchoy à trois ans de prison pour faux bruits, faux en écriture et injures publiques à l’égard de l’opposant politique Jacky Ndala et des services de renseignement congolais. Près d’une année plus tard, en mars 2025, l’ancien candidat à la présidence Seth Kikuni, l’ancien député provincial Mike Mukebayi et l’influenceuse Denise Mukendi ont été libérés de la prison centrale de Makala, à Kinshasa. Cette libération conditionnelle avait été ordonnée par le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Constant Mutamba.
Depuis sa libération et son voyage à l’extérieur du pays, Denise Mukendi Dusauchoy s’était montrée très critique envers les dirigeants congolais avec à leur tête le président Félix Tshisekedi, ainsi qu’envers son épouse. Elle s’était notamment illustrée sur les réseaux sociaux par des propos virulents, des injures et des attaques visant plusieurs responsables politiques de l’administration Tshisekedi.
Cette nouvelle arrestation intervient également dans un contexte où le gouvernement congolais entend renforcer l’encadrement du secteur numérique et promouvoir une utilisation plus responsable des réseaux sociaux.
Clément MUAMBA