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RDC-Justice: « Il ne doit y avoir ni sanctuaire ni impunité pour les auteurs et responsables de crimes graves commis sur le territoire congolais » (Guillaume Ngefa)

Photo d'illustration

Le Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a présenté, vendredi 21 août 2026, les principales actions menées depuis son entrée en fonction, ainsi que les défis qui restent à relever pour améliorer le fonctionnement du système judiciaire en République Démocratique du Congo

S’exprimant lors d’un briefing de presse intitulé « Panel de redevabilité » organisé par le ministère de la Communication et Médias dans le cadre de l’exercice de redevabilité du gouvernement à l’occasion de l’an 1 du gouvernement Suminwa II, conformément aux instructions de la Première ministre Judith Suminwa formulées lors de la 96ᵉ réunion du Conseil des ministres, le ministre a insisté sur la nécessité de poursuivre les réformes afin de rétablir durablement la confiance des citoyens dans l’appareil judiciaire.

« Notre Justice souffre encore d’un certain nombre de dysfonctionnements qui nécessitent des réformes structurantes. La Justice d’un pays doit être revêtue du sceau de la crédibilité », a déclaré Guillaume Ngefa.

Au cours de cet échange avec la presse, aux côtés de sa collègue, la Ministre d’État, Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, de la Francophonie et des Congolais de la diaspora, Thérèse Kayikwamba Wagner, le Ministre de la Justice est revenu sur l’état du secteur à son arrivée, les mesures déjà mises en œuvre, les réformes en cours ainsi que les perspectives pour la deuxième année de son mandat.

Parmi les principales initiatives citées figurent la mise en place du Tribunal pénal économique et financier, le projet de loi portant lutte contre la corruption, la réforme de la justice militaire ainsi que la modernisation de l’Inspection générale des services judiciaires et pénitentiaires.

Le Garde des Sceaux congolais, Guillaume Ngefa, a également évoqué l’opérationnalisation de la profession notariale et la transformation numérique du secteur à travers le programme « Justice 2.0 », destiné à accompagner la modernisation de l’administration judiciaire.

La lutte contre l’impunité, la corruption et les spoliations demeure au cœur des priorités affichées par le ministère. Guillaume Ngefa a notamment fait état de l’instauration d’un dispositif permanent de suivi des injonctions, tout en rappelant que cette démarche doit s’inscrire dans le respect de l’indépendance de la Justice. Il a également annoncé la tenue prochaine de procès publics concernant plusieurs dossiers associés au phénomène « Folio ».

Autre chantier majeur : la réduction du désert judiciaire. Le ministère entend poursuivre l’implantation d’infrastructures judiciaires afin d’améliorer l’accès à la Justice sur l’ensemble du territoire. Après les réalisations enregistrées notamment à Lubumbashi, Demba et Kinshasa/Kalamu, le gouvernement prévoit la construction de six nouveaux complexes judiciaires. Selon le ministre, cette politique vise à rapprocher davantage les juridictions des populations et à renforcer la couverture judiciaire du pays.

Concernant les établissements pénitentiaires, le Ministre d’État a reconnu que plusieurs difficultés demeurent, notamment la surpopulation carcérale, les conditions d’alimentation, l’accès aux soins médicaux et l’hygiène. Des mesures ont toutefois été prises pour réduire la pression sur les prisons, parmi lesquelles les libérations conditionnelles, les transferts de détenus, les opérations de désengorgement et les travaux de réhabilitation.

« La privation de liberté ne doit jamais devenir une privation de dignité », a rappelé Guillaume Ngefa.

Le ministre a par ailleurs déploré le niveau encore insuffisant des ressources consacrées au secteur judiciaire. Il estime qu’une enveloppe d’environ 50 millions de dollars américains pour un pays de plus de 100 millions d’habitants ne permet pas de répondre efficacement à l’ensemble des besoins. Il a ainsi appelé à une augmentation des financements, mais surtout à la mise en place d’un financement régulier, durable et prévisible afin de soutenir les différentes réformes engagées.

Sur le volet international, Guillaume Ngefa a mis en avant la diplomatie judiciaire, qu’il considère comme un outil important dans la défense des intérêts de la RDC et la lutte contre l’impunité. Il a notamment cité la démarche engagée par Kinshasa contre Kigali devant la Cour internationale de Justice (CIJ) le 26 juin 2026, le renforcement de la coopération avec la Cour pénale internationale (CPI), ainsi que les efforts de coopération judiciaire avec plusieurs pays.

Le Ministre d’État a réaffirmé que les personnes reconnues responsables de crimes commis en RDC dans le contexte du conflit dans l’Est devront répondre de leurs actes. Cette exigence concerne également les ressortissants étrangers lorsque leur implication est juridiquement établie. Il a aussi évoqué la possibilité d’engager la responsabilité des supérieurs hiérarchiques ou des responsables militaires lorsque les conditions prévues par le droit sont réunies.

« Il ne doit y avoir ni sanctuaire ni impunité pour les auteurs et responsables de crimes graves commis sur le territoire congolais », a-t-il martelé.

Interrogé par des étudiants présents dans la salle, le Ministre de la Justice a notamment apporté des précisions sur la procédure introduite par la RDC devant la CIJ contre le Rwanda, mais également sur les conditions de détention et la prise en charge alimentaire des prisonniers. Guillaume Ngefa reconnaît que les nombreuses difficultés auxquelles fait face la Justice congolaise ne peuvent être réglées en seulement douze mois. Selon lui, cette première année a surtout permis de poser les bases nécessaires et de lancer plusieurs chantiers de réforme.

D’après Guillaume Ngefa, la deuxième année devra désormais permettre d’aller plus loin dans leur mise en œuvre. Elle sera placée sous le signe de « l’accélération, de la consolidation et de la traduction des réformes en résultats concrets ». L’objectif affiché reste celui d’une Justice plus crédible, accessible et efficace, capable de garantir la protection des citoyens, de lutter contre l’impunité et de contribuer à restaurer la confiance dans les institutions de l’État.

Le Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, qui avait succédé à Constant Mutamba à la tête de ce portefeuille stratégique, faisait partie des nouvelles figures entrantes du gouvernement Suminwa II.

Le gouvernement Suminwa II a été mis en place dans un contexte marqué par la persistance de la guerre dans l’Est de la RDC, notamment avec l’activisme de l’AFC/M23, ainsi que par plusieurs autres crises sécuritaires, économiques et sociales nécessitant des réponses urgentes de la part des autorités du pays. Dans ce contexte, le secteur de la Justice constitue un enjeu majeur pour le renforcement de l’État de droit, la consolidation des institutions et la lutte contre l’impunité.

Clément MUAMBA 

 


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