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RDC : « Le peuple a déjà été consulté aux élections », Kabund conteste la nécessité d'une consultation populaire avancée par Tshisekedi 

Les électeurs consultent les résultats devant un bureau de vote à Bandundu

Dans son intervention lors du Space live organisé vendredi 28 août 2026 par Stanis Bujakera Tshiamala, l'opposant Jean-Marc Kabund s'est attaqué au deuxième axe du diagnostic présidentiel justifiant le Dialogue national : la nécessité d'impliquer davantage le peuple congolais. « Écoutez, je ne comprends pas, là je ne comprends rien », a-t-il réagi, rappelant que le peuple a déjà été consulté par la voie électorale, en décembre 2023, lorsque Félix Tshisekedi affirme avoir recueilli plus de soixante pour cent des suffrages.

Pour Kabund, il est paradoxal qu'un président en exercice depuis près de trois ans, et au pouvoir depuis sept ans au total, se présente aujourd'hui comme devant « consulter le peuple » pour connaître ses attentes. Selon lui, ces attentes sont déjà connues et ne nécessitent aucune concertation supplémentaire : la bonne gouvernance, la justice, la paix, l'accès à l'eau, à l'électricité et aux infrastructures sociales de base.

« Je n'ai pas besoin d'organiser des concertations, impliquer le peuple dans un dialogue pour que vous sachiez ce que le peuple pense », a-t-il lancé, estimant que le dialogue politique est par nature un exercice « essentiellement politique », dès lors que la crise congolaise est elle-même de nature politique, quand bien même elle engendrerait des crises dérivées, sécuritaire, de gouvernance ou encore sanitaire.

L'opposant a ensuite comparé la démarche annoncée par le chef de l'État aux pratiques de consultations populaires organisées sous les régimes de Mobutu Sese Seko et de Joseph Kabila, évoquant notamment le souvenir du dialogue piloté par Edem Kodjo, qu'il qualifie rétrospectivement de « monologue » plutôt que de véritable dialogue national. Kabund va plus loin en affirmant que les mêmes conseillers ayant, selon lui, orienté Mobutu vers ce type d'exercice consultatif seraient aujourd'hui présents dans l'entourage de Félix Tshisekedi.

Il estime que le chef de l'État se serait progressivement détourné de l'UDPS, son parti d'origine, au profit de figures issues des anciens régimes mobutiste et kabiliste, qu'il désigne comme formant désormais sa « ceinture » de proximité, tandis que les « vrais combattants » historiques du parti présidentiel se retrouveraient relégués au second plan, empêtrés dans des querelles internes. Pour Kabund, cet entourage constitue des personnes qu'il juge « dangereuses pour cette République ».

 


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