Invité vendredi 28 août 2026 du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, l'opposant Jean-Marc Kabund a livré un réquisitoire sans appel contre la gestion, par le pouvoir en place, de l'épidémie d'Ebola qui frappe la République Démocratique du Congo depuis plusieurs mois. Pour l'ancien premier vice-président de l'Assemblée nationale, la crise sanitaire ne relève plus d'un simple problème d'organisation ou de compétences techniques, mais traduit selon lui une véritable « irresponsabilité » des gouvernants face à une urgence de santé publique.
Kabund a dénoncé ce qu'il a qualifié de gestion « folklorique » de la riposte, allant jusqu'à évoquer une tentative de dissimulation de l'ampleur réelle de l'épidémie. Il a affirmé que, sans l'intervention de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et d'autres organisations internationales, les autorités congolaises auraient minimisé le bilan humain de la maladie. Il a par ailleurs avancé un chiffre de plus de deux mille trois cents décès à ce jour, un bilan qu'il attribue à la gravité de l'épidémie.
L'opposant s'en est également pris à la gestion financière de la riposte. Selon lui, les fonds débloqués par la communauté internationale pour combattre l'épidémie ne parviendraient pas, ou insuffisamment, au personnel soignant mobilisé sur le terrain, qu'il a comparé aux militaires engagés au front dans l'Est du pays. Il a affirmé que ces agents de santé accuseraient plusieurs mois d'impayés, une situation qu'il juge incompréhensible au regard des montants mobilisés par les partenaires internationaux. « Comment expliquer où vont tous ces fonds ? », s'est-il interrogé, pointant du doigt une possible mauvaise gestion, voire un détournement des ressources allouées à la riposte.
Kabund a en outre évoqué des tensions sur le terrain, faisant état d'incidents où des populations locales, en colère, se seraient prises aux personnels sanitaires et auraient incendié des structures destinées à l'isolement des malades, signe, selon lui, d'un abandon des communautés affectées et d'une rupture de confiance entre la population et la riposte officielle.
Établissant un parallèle avec la gestion du conflit dans l'Est du pays, l'opposant a estimé que le pouvoir de Kinshasa applique face à Ebola la même distance qu'il reproche à l'égard de la guerre qui sévit à plus de mille kilomètres de la capitale, se comportant, selon lui, « comme si tout allait bien ». Il a conclu en récusant tout rôle de mobilisation populaire pour les leaders politiques de l'opposition face à l'épidémie, réaffirmant que la responsabilité de protéger la population incombe exclusivement aux gouvernants, l'opposition se limitant, selon ses mots, à « interpeller ces dirigeants » sur leurs devoirs.
Ces déclarations interviennent alors que la riposte contre l'épidémie de virus Ebola Bundibugyo, déclarée en mai 2026, continue de mobiliser les autorités sanitaires congolaises ainsi que l'OMS, l'Africa CDC et l'INRB, dans un contexte où les difficultés de financement et les défis sécuritaires liés aux zones de conflit compliquent régulièrement le déploiement de la riposte sur le terrain.