Poursuivant son intervention lors du Space live organisé vendredi 28 août 2026 par Stanis Bujakera Tshiamala, l'opposant Jean-Marc Kabund s'est attaqué au diagnostic posé par Félix Tshisekedi sur les raisons de l'échec des dialogues politiques qui ont jalonné l'histoire récente de la République Démocratique du Congo. Selon Kabund, le chef de l'État aurait identifié trois fragilités à l'origine de cet échec : le partage du pouvoir privilégié au détriment de la consolidation des institutions, l'éloignement du peuple par rapport à ces processus, et l'absence d'obligation de résultats.
L'opposant conteste frontalement cette lecture, qu'il qualifie de « totalement à côté de la réalité ». Pour lui, si les objectifs de long terme de ces dialogues, stabiliser le pays, restaurer l'autorité de l'État, remettre le pays « sur les rails », n'ont effectivement pas été atteints, la responsabilité n'incombe pas au principe même du dialogue ni aux accords politiques qui en ont découlé, mais à l'incapacité des dirigeants issus des urnes à tirer les leçons du passé. Il dénonce ainsi des gouvernants qui auraient reproduit, une fois au pouvoir, les mêmes pratiques de gouvernance ayant précipité le pays dans la crise, en dépit des engagements pris lors des accords signés.
Kabund insiste sur ce qu'il considère comme les résultats concrets, quoique de court terme, obtenus par ces dialogues successifs : faire taire les armes, réunir les belligérants et l'ensemble des protagonistes autour d'une même table, aboutir à la signature d'un accord politique, puis organiser des élections. Il va jusqu'à affirmer que sans ces dialogues, la République Démocratique du Congo serait aujourd'hui « divisée en quatre » ou déjà « balkanisée », une référence implicite à la période antérieure à l'accord de Sun City. Pour l'opposant, la responsabilité de la situation actuelle du pays incombe donc directement à Félix Tshisekedi et à son gouvernement, et non aux mécanismes de dialogue eux-mêmes.
S'attaquant ensuite au deuxième axe du diagnostic présidentiel, la nécessité d'impliquer davantage le peuple dans le processus, Kabund exprime son incompréhension face à cet argument, rappelant que le peuple congolais a déjà été consulté à travers les élections, sans toutefois développer davantage ce point dans les propos rapportés.