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Félix Tshisekedi : « Le Dialogue ne devra être ni un marché politique, ni un instrument de repositionnement personnel, ni une tribune de règlement de comptes » 

Félix Tshisekedi devant la population de Kananga

Le Président de la République, Félix Tshisekedi, a officiellement lancé le processus du dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État, une initiative présentée comme « souveraine » et « congolaise », en complément des initiatives de Washington, qui prennent en charge la crise entre Kinshasa et Kigali, et du processus de Doha, consacré à la crise opposant Kinshasa à la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda et contrôlant de vastes pans des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans l’Est de la RDC.

Dans son adresse à la Nation, le chef de l’État, Félix Tshisekedi, a appelé les différentes composantes de la société congolaise à s’impliquer dans cette démarche, tout en insistant sur la nécessité de préserver l’intérêt supérieur de la République. Pour Félix Tshisekedi, ce processus doit notamment permettre à la République démocratique du Congo de tourner la page des divisions et de renforcer ses institutions.

« Nous voulons une République réconciliée avec elle-même, respectée dans la région et capable d’assumer, au cœur de l’Afrique, le rôle que lui assignent son histoire, sa géographie, son peuple et ses ressources », a-t-il déclaré dans son discours prononcé jeudi 27 août 2026 en direct de la chaîne nationale RTNC

Dans son adresse, le chef de l’État a accordé une place particulière à la jeunesse congolaise, qu’il considère comme l’une des principales parties prenantes de ce processus. Il a ainsi appelé les jeunes à participer activement au Dialogue national et à faire entendre leurs préoccupations.

« À la jeunesse congolaise, je veux dire ceci : ce Dialogue ne concerne pas seulement le pays tel qu’il est aujourd’hui. Il engage l’État dont vous hériterez demain. Ne laissez personne décider de votre avenir sans vous. Prenez toute votre place dans ce processus. Portez-y vos idées, vos exigences, votre créativité et votre volonté de transformation. Rejetez les discours de haine, les manipulations identitaires et les appels à la violence. La République a besoin de votre intelligence, de votre énergie et de votre courage » a-t-il interpellé dans son discours.

S’adressant aux responsables politiques, Félix Tshisekedi a appelé à la responsabilité et à la retenue durant ce processus. Pour lui, le Dialogue national ne doit pas être détourné de son objectif principal.

« Aux responsables politiques, je demande de mesurer pleinement la portée de ce moment. Le Dialogue ne devra être ni un marché politique, ni un instrument de repositionnement personnel, ni une tribune de règlement de comptes. Il devra servir exclusivement la paix, l’unité nationale et l’intérêt supérieur de la République » a martelé Félix Tshisekedi, président de la République 

Le chef de l’État a également évoqué le rôle des partenaires internationaux dans la recherche de la paix en République démocratique du Congo. Il a notamment cité les États-Unis d’Amérique, le Qatar, l’Union africaine et l’Union européenne, dont l’accompagnement est attendu dans le cadre de ce processus.

Selon Félix Tshisekedi, cet accompagnement devra notamment contribuer au retrait des troupes rwandaises du territoire congolais, au dépôt des armes par l’AFC/M23 et à l’aboutissement des processus engagés à Washington et à Doha.

« Aux États et organisations partenaires, notamment les États-Unis d’Amérique, l’État du Qatar, l’Union africaine et l’Union européenne, les participants solliciteront un accompagnement ferme et constant. Celui-ci devra contribuer au retrait des troupes rwandaises du territoire congolais, au dépôt des armes par l’AFC/M23 et à l’aboutissement des processus engagés à Washington et à Doha » a ajouté Félix Tshisekedi 

Le Président de la République a par ailleurs pris l’engagement de garantir l’indépendance, la représentativité et la sécurité du Dialogue national. Félix Tshisekedi a également insisté sur la nécessité de donner une suite concrète aux conclusions qui sortiront de ce processus.

« Pour ma part, je prends devant la Nation l’engagement de garantir l’indépendance, la représentativité et la sécurité de ce Dialogue. Je veillerai à ce qu’il ne soit confisqué par aucun camp ni détourné de sa finalité. Je veillerai également à ce que ses conclusions ne se perdent ni dans les calculs politiciens, ni dans l’oubli. Elles devront être traduites en décisions, en réformes et en résultats concrets pour notre peuple. Nous avons hérité d’un pays immense, mais d’un État encore fragile. Nous n’avons pas choisi cet héritage, mais nous pouvons choisir ce que nous en ferons » a souligné Félix Tshisekedi 

Dans la dernière partie de son adresse, le chef de l’État a inscrit le Dialogue national dans une perspective plus large de transformation de l’État congolais. Pour Félix Tshisekedi, l’objectif est de tirer les leçons des crises passées afin de construire un avenir différent pour les générations futures.

« Il nous appartient de transformer les souffrances d’hier en fondations pour demain, et transmettre aux générations futures non pas un pays perpétuellement à reconstruire, mais un État solide, une Nation unie et une République souveraine, pleinement maîtresse de son destin. C’est dans cet esprit que je déclare officiellement lancé le processus du Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État » a affirmé Félix Tshisekedi

La question relative au dialogue national continue de diviser davantage la classe  congolaise. Pour Kinshasa, s’il doit y avoir dialogue, ce dialogue doit notamment avoir pour objectif de créer un front national face à ce que les autorités congolaises présentent comme une agression rwandaise, menée avec l’appui de l’AFC/M23. Dans cette approche, les autorités congolaises considèrent que la crise actuelle est avant tout sécuritaire et que les processus de Washington et de Doha constituent les cadres appropriés pour traiter la dimension sécuritaire et militaire de la crise.

Cette méthodologie est cependant rejetée par une partie de l’opposition, qui estime que Kinshasa est elle-même partie à la crise et ne peut, de ce fait, être à la fois partie prenante et définir seule le tempo ainsi que les modalités de résolution de la crise actuelle. Le débat autour du Dialogue national s’annonce ainsi comme l’un des principaux enjeux politiques des prochaines semaines, entre la volonté du pouvoir de privilégier un processus national axé sur la cohésion et la refondation de l’État et les revendications de l’opposition en faveur d’un cadre qu’elle souhaite davantage consensuel et inclusif.

Clément MUAMBA

 


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