La Première ministre, Judith Suminwa Tuluka a exprimé le soutien de l’ensemble de l’Exécutif central à l’initiative portée par le chef de l’État, Félix Tshisekedi, relative au lancement du dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État, après plusieurs promesses et attentes exprimées par la classe sociopolitique de la République démocratique du Congo.
Dans la foulée de l’adresse à la Nation de Félix Tshisekedi, président de la République démocratique du Congo, et à la suite de sa communication lors de la 97ᵉ réunion du Conseil des ministres, tenue vendredi 28 août 2026 à la Cité de l’Union africaine, à Kinshasa, Judith Suminwa a adressé ses félicitations au chef de l’État et salué son initiative visant à consolider la paix, à renforcer la cohésion nationale et à contribuer à la refondation de l’État.
Alors que cette initiative est contestée dans les rangs de l’opposition, la Première ministre a notamment mis en avant le caractère particulier de cette démarche, qu’elle distingue des précédentes concertations politiques organisées en période de crise en République démocratique du Congo.
« La Première ministre, cheffe du Gouvernement, a salué son récent message à la Nation et le lancement du processus de dialogue national destiné à consolider la paix, à renforcer la cohésion nationale et à refonder l’État. Elle a souligné que ce processus, officiellement initié par le Président de la République, se distingue nettement des concertations politiques précédentes qui ont trop souvent répondu aux crises par le partage du pouvoir plutôt que par la consolidation de l’État » rapporte le compte rendu de la réunion, lu par le porte-parole du gouvernement
Pour la cheffe de l’Exécutif central, les précédentes initiatives ont eu tendance à privilégier le partage du pouvoir plutôt que la mise en place de mécanismes de suivi efficaces susceptibles d’assurer une stabilité durable.
« Celles-ci ont trop souvent répondu aux crises par le simple partage du pouvoir, aboutissant à des accords sans mécanisme de suivi efficace pour assurer une stabilité durable. À l’inverse, l’approche présidentielle, originale et innovante, place la participation du peuple au cœur de la démarche » ajoute Judith Suminwa dans le compte rendu de la réunion
Par ailleurs, celle qui a succédé à Jean-Michel Sama Lukonde affirme que l’initiative de Félix Tshisekedi comporte une dimension citoyenne qui la distingue des précédentes démarches. À l’en croire, cette initiative doit conduire le pays vers la consolidation de la démocratie, de la cohésion nationale et d’une paix durable.
« Citant le Président de la République, elle a rappelé que le peuple congolais ne sera pas amené à entériner les conclusions d’une négociation menée sans lui. En privilégiant une concertation décentralisée et inclusive, cette initiative affirme la centralité de la voix citoyenne. Elle constitue une étape majeure vers la consolidation de la démocratie, de la cohésion nationale et d’une paix durable » rapporte le compte rendu de la réunion.
Face à cette situation et en sa qualité de cheffe du gouvernement, Judith Suminwa Tuluka a promis le soutien de l’Exécutif à l’initiative de Félix Tshisekedi. Selon la locataire de l’avenue Roi Baudouin, où se situe le siège de la Primature de la RDC, cette démarche devrait aboutir à un consensus véritablement populaire et durable.
« La Première ministre a conclu ce point en réitérant l’engagement total de son Gouvernement à accompagner le Président de la République, Chef de l’État, vers la réussite de cette démarche populaire d’intérêt national. Elle est convaincue qu’elle portera les fruits d’un consensus véritablement populaire et durable », a affirmé Judith Suminwa Tuluka dans le compte rendu de la réunion
La question relative au dialogue national continue de diviser davantage la classe congolaise. Pour Kinshasa, s’il doit y avoir dialogue, ce dialogue doit notamment avoir pour objectif de créer un front national face à ce que les autorités congolaises présentent comme une agression rwandaise, menée avec l’appui de l’AFC/M23. Dans cette approche, les autorités congolaises considèrent que la crise actuelle est avant tout sécuritaire et que les processus de Washington et de Doha constituent les cadres appropriés pour traiter la dimension sécuritaire et militaire de la crise.
Cette méthodologie est cependant rejetée par une partie de l’opposition, qui estime que Kinshasa est elle-même partie à la crise et ne peut, de ce fait, être à la fois partie prenante et définir seule le tempo ainsi que les modalités de résolution de la crise actuelle. Le débat autour du Dialogue national s’annonce ainsi comme l’un des principaux enjeux politiques des prochaines semaines, entre la volonté du pouvoir de privilégier un processus national axé sur la cohésion et la refondation de l’État et les revendications de l’opposition en faveur d’un cadre qu’elle souhaite davantage consensuel et inclusif.
Clément MUAMBA