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Dialogue national en RDC : l’UDPS répond aux critiques de la C64 et renvoie à Doha et Washington pour la question de l’AFC/M23

Mains serrées et levées, Augustin Kabuya et Déo Bizibu devant les militants de l'UDPS après leur réconciliation au QG de de l'UDPS à Limete, mardi 30 septembre 2025

L'UDPS/Tshisekedi apporte son soutien à l’initiative de Félix Tshisekedi de convoquer un dialogue national inclusif. Réunis ce jeudi au siège national du parti à Limete, les cadres et différentes structures de l’UDPS ont notamment répondu aux critiques de la C64, qui met en cause l’inclusivité et le périmètre du dialogue annoncé. 

Pour le parti présidentiel, les questions liées à l’occupation de l’AFC/M23 et à l’agression attribuée au Rwanda disposent déjà de cadres de discussion spécifiques, notamment les processus de Doha et de Washington.

Au terme de cette réunion, le parti présidentiel a réaffirmé son soutien à l’initiative de Félix Tshisekedi, tout en apportant une réponse aux arguments avancés par ses détracteurs.

L’un des principaux points de désaccord porte sur la question de l’inclusivité du dialogue. Pour l’UDPS/Tshisekedi, il n’est pas pertinent de présenter le dialogue national comme un cadre devant prendre en charge toutes les dimensions de la crise congolaise, notamment celles directement liées à l’AFC/M23 et au Rwanda.

Le parti présidentiel rappelle à cet effet l’existence de plusieurs cadres de discussion internationaux, notamment les processus de Doha et de Washington, qui prennent en charge, selon lui, les préoccupations relatives à l’occupation des territoires congolais par l’AFC/M23 ainsi qu’à l’implication du Rwanda dans la crise sécuritaire.

Dès lors, l’UDPS estime qu’il ne serait pas cohérent de reprocher au dialogue national annoncé par Félix Tshisekedi de ne pas intégrer toutes les parties ou tous les protagonistes liés à la guerre dans l’Est.

« Il existe d'autres cadres de discussion notamment les processus de Doha et de Washington qui prennent en charge les préoccupations de l'occupation de l'AFC/M23 et du Rwanda, pays agresseur », fait observer le parti. Une manière pour l’UDPS de défendre une complémentarité entre les différents processus, plutôt que leur mise en concurrence.

AFC/M23 : un dossier renvoyé aux cadres de paix internationaux

Dans son argumentaire, l’UDPS opère ainsi une distinction entre le dialogue national et les négociations consacrées au conflit armé dans l’Est de la RDC.

Le processus national devrait, selon cette lecture, permettre aux Congolais de discuter des questions relevant de la vie nationale, de la cohésion sociale, de la gouvernance et de la consolidation de la paix.

Les questions directement liées au conflit opposant les forces gouvernementales aux rebelles de l’AFC/M23, ainsi que la dimension régionale du conflit et les relations avec le Rwanda, sont quant à elles renvoyées aux mécanismes diplomatiques déjà engagés.

Pour le parti présidentiel, cette distinction permet de répondre à l’accusation selon laquelle le dialogue voulu par Félix Tshisekedi manquerait d’inclusivité.

L’UDPS estime au contraire que l’inclusivité doit être appréciée en fonction de la nature et du mandat du cadre concerné.

« La paix est aujourd’hui une priorité nationale absolue »

Au-delà de la controverse politique, l’UDPS insiste sur l’urgence de la situation humanitaire et sécuritaire.

Pour le parti, la guerre ne peut être appréhendée uniquement à travers les affrontements militaires, les positions politiques ou les négociations diplomatiques. Derrière les notions de guerre, de crise humanitaire et d’insécurité se trouvent des populations directement affectées.

« Derrière les mots guerre, crise humanitaire, insécurité, on sous-entend les êtres humains, des familles, des enfants, des femmes, des hommes », souligne la déclaration politique.

L’UDPS appelle ainsi à placer la recherche de la paix au-dessus des clivages politiques.

« Peuple congolais, la paix est aujourd’hui une priorité nationale absolue », affirme le parti.

Pour l’UDPS, les Congolais attendent avant tout de leur République la protection, la sécurité et l’espérance, alors que la persistance du conflit dans l’Est continue de provoquer des déplacements de populations et une importante crise humanitaire.

« Le dialogue est la force de ceux qui savent que l’intérêt de la Nation doit primer »

Face aux critiques et aux divergences politiques, le parti présidentiel revendique le dialogue comme un instrument de responsabilité politique.

L’UDPS/Tshisekedi considère que lorsque les intérêts fondamentaux de la République sont en jeu, les acteurs politiques doivent être capables de dépasser leurs divergences pour rechercher des solutions communes.

« Le dialogue est la force de ceux qui savent que lorsque l’essentiel, l’intérêt de la Nation doit primer sur toutes les autres considérations », soutient le parti.

Cette position s’inscrit dans la volonté affichée par Félix Tshisekedi de réunir les différentes composantes de la société congolaise autour d’un cadre de concertation nationale.

Félix Tshisekedi au centre de la nouvelle séquence politique

En soutenant sans réserve l’initiative présidentielle, l’UDPS/Tshisekedi entend également conforter le leadership de Félix Tshisekedi dans cette nouvelle séquence politique.

Pour le parti, le président de la République, en sa qualité de chef de l’État et garant de la Nation, doit pouvoir porter une démarche destinée à rechercher une convergence nationale face aux multiples crises auxquelles le pays est confronté.

L’UDPS se dit ainsi prête à accompagner le processus et à mobiliser ses structures afin que le dialogue contribue à la paix, à la cohésion nationale et à la défense des intérêts supérieurs de la République.

Cette prise de position intervient alors que le projet de dialogue continue de diviser les forces politiques. Entre ceux qui y voient une occasion de rechercher une solution politique aux crises nationales et ceux qui redoutent un processus susceptible de contourner ou de fragiliser les institutions existantes, le débat reste ouvert.

Pour l’UDPS/Tshisekedi, l’enjeu est cependant clair : rassembler les Congolais autour de l’essentiel, faire de la paix une priorité et utiliser chaque cadre de discussion selon sa mission.

José Mukendi


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