Interrogé samedi soir sur l'existence de courants au sein d'Ensemble pour la République, lors du Space live organisé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, le Secrétaire général Dieudonné Bolengetenge a d'abord relativisé le terme "courant", tout en retraçant l'histoire particulière du parti.
Il a rappelé qu'Ensemble est né d'un regroupement de personnalités politiques déjà installées dans le paysage congolais, réunies dès 2018 au sein de la plateforme "Ensemble pour le changement" pour soutenir la candidature de Moïse Katumbi à la présidentielle.
C'est au retour d'exil du président, en mai 2019, que l'idée d'aller au-delà d'une simple coalition pour créer un parti unique s'est imposée, fédérant des sensibilités politiques diverses, sociodémocrates, libéraux conservateurs, fédéralistes, issues de plusieurs formations d'origine.
Le Secrétaire général a cité un échantillon de ces "partis souches" : l'ARC, présidé par Olivier Kamitatu, l'ADP, le PDC, le PRD, associé à Salomon Kalonda, le MS, l'Unadef, et les autres. Il a assuré que cette diversité d'origine, si elle a permis à Ensemble de bénéficier d'un ancrage territorial hérité de ces différentes formations, a aussi rendu "laborieuse" la conciliation des sensibilités et l'alignement de tous dans une même direction. Il a néanmoins nié l'existence d'un clivage idéologique structuré, de type gauche-droite, au sein du parti, qu'il rattache à une doctrine unique de "libéralisme social".
Interrogé sur le risque qu'un dirigeant "s'efface" pour reconstituer son ancien parti et mobiliser sa base, Dieudonné Bolengetenge a précisé qu'aucune dissolution formelle des partis souches n'avait été exigée de leurs fondateurs, une décision qu'il justifie par l'instabilité du système électoral congolais, encore mille partis recensés dans le pays, et les débats en cours sur un possible passage à un scrutin majoritaire, susceptible de redonner un intérêt stratégique à l'existence de formations distinctes.
Il a par ailleurs reconnu qu'après la convention nationale de 2023, le parti avait engagé une évaluation pour dépasser les réflexes hérités de ces partis d'origine, notamment dans la désignation des responsables provinciaux et fédéraux, désormais fondée, selon lui, sur le militantisme plutôt que sur l'appartenance à une formation historique.