À Kinshasa, la compagnie Likit’Arts Kongo veut contribuer à la professionnalisation des acteurs culturels congolais. À travers le programme Koma Entreprise, elle mise sur la formation pour aider les jeunes artistes et opérateurs culturels à mieux structurer leurs activités et à diversifier leurs sources de financement.
Selon l’organisateur, le secteur culturel et artistique congolais dispose d’un important potentiel en matière de talents, de créativité et d’innovation. Mais son faible niveau de structuration et les difficultés d’accès aux financements continuent de limiter la rentabilité de nombreux acteurs.
« Le secteur culturel et artistique congolais a plusieurs talents, beaucoup de créativité et d’innovation, mais il existe un faible marché qui ne permet pas aux acteurs culturels d’être suffisamment rentables », explique Jackson Lohanga, initiateur de la formation.
Pour la compagnie Likit’Arts Kongo, cette situation est notamment liée à la faiblesse des structures culturelles et à un accompagnement insuffisant de la chaîne de valeur, de la création à la consommation, en passant par la production et la diffusion.
Former à la gestion et aux modèles économiques
Le programme Koma Entreprise entend notamment renforcer les compétences des participants dans la structuration des entreprises culturelles, la gestion financière, les modèles économiques, la gouvernance, le management et les ressources humaines.
La recherche de financements constitue l’autre volet central de la formation. Les participants seront notamment formés à l’identification des besoins financiers, aux différentes sources de financement des projets, aux aides publiques de l’État, aux financements internationaux et aux modes de financement à long terme.
L’objectif est aussi d’inciter les porteurs de projets à diversifier leurs ressources afin de renforcer leur autonomie financière.
« Les porteurs de projets doivent éviter d’être dépendants d’une seule source de financement. Ils doivent développer plusieurs modèles économiques pour accroître leur autonomie financière », insiste Jackson Lohanga.
Présentée comme une formation 100 % pratique, l’initiative prévoit des travaux pratiques, des ateliers et des études de cas. « La pratique vient valider, nuancer ou enrichir la théorie », souligne l’initiateur.
120 jeunes ciblés d’ici 2028
Le programme vise, d’ici à 2028, à renforcer les compétences en leadership et en entrepreneuriat culturel de 120 jeunes de la RDC, à raison de 40 participants par an. Il prévoit également la création d’un réseau durable de jeunes leaders et de mentors culturels.
Likit’Arts Kongo affirme avoir déjà formé et accompagné, en 2023 et 2025, 18 artistes danseurs et 16 opérateurs culturels dans leur processus de professionnalisation.
« Nous avons constaté que le besoin reste majoritaire, car la RDC regorge d’une jeunesse talentueuse, créative et motivée qui nécessite un accompagnement continuel pour accroître le nombre de jeunes leaders », fait valoir l’initiateur.
Le programme s’adresse notamment aux chefs de projets, gestionnaires de programmes, administrateurs, responsables d’ONG, d’ASBL et d’entreprises, managers, producteurs, diffuseurs, tourneurs, organisateurs de spectacles ou d’événements, ainsi qu’aux étudiants et jeunes professionnels.
Au total, huit modules sont prévus, à raison de deux modules par mois, jusqu’en décembre 2026. Une première session est annoncée les 8 et 9 septembre 2026, de 10 heures à 16 heures, à l’espace Chez Vik, dans la commune de la Gombe, à Kinshasa.
César Olombo