Maluku a vibré le week-end dernier au rythme de la réinsertion socio-économique des femmes déplacées. Trente femmes et filles déplacées internes, installées dans les sites d’Inkwe et d’Inkieme, dans la commune de Maluku, ont reçu des kits destinés à leur permettre de relancer ou de renforcer leurs activités génératrices de revenus.
Cette initiative est portée par le Réseau Cris de la Femme, avec l’appui du Fonds pour les femmes congolaises (FFC). Les bénéficiaires sont principalement des femmes ayant fui les violences liées aux activités de la milice Mobondo dans le Grand Bandundu et dans les Plateaux de Bateke.
Avant la remise des kits, les bénéficiaires ont notamment participé à des séances d’accompagnement psychologique ainsi qu’à une formation destinée à renforcer leurs capacités dans la gestion et le développement de leurs activités économiques.
Ces 30 femmes font partie d’un groupe d’une centaine de personnes déplacées ayant trouvé refuge dans la commune de Maluku après avoir fui les zones touchées par les hostilités.
« Je rentre très heureuse »
Parmi les bénéficiaires figure Maman Anna Ngayiko, vendeuse de chikwangue depuis son enfance. Arrivée à Maluku après avoir tout perdu, elle explique que l’appui reçu représente pour elle une nouvelle opportunité de reconstruire son activité et de subvenir aux besoins de sa famille.
« Ce matin à mon réveil, je me suis rendu au port, je n’avais que 20 000 francs congolais sur moi et je voulais acheter de la chikwangue. Lorsque je suis arrivé à la maison, on m’a dit que les mamans étaient là. Je me suis immédiatement dit que j’allais peut-être recevoir quelque chose et j’ai rendu grâce à Dieu. Effectivement, j’ai reçu une aide et je rentre très heureuse car je n’avais pratiquement rien », témoigne-t-elle.
Pour cette mère et grand-mère, l’objectif est désormais de faire fructifier progressivement le soutien reçu. Une partie des revenus sera consacrée aux besoins de sa famille tandis qu’une autre sera épargnée pour permettre à son activité de se développer.
« Je vais utiliser cette aide progressivement pour améliorer mes activités. Je vais vendre une partie de ma production afin de subvenir à mes besoins alimentaires et à ceux de mes enfants. Une autre partie sera épargnée afin de me permettre de développer progressivement mon activité. Je pratique ce métier depuis mon enfance, je suis devenue mère, puis grand-mère, tout en continuant cette activité », explique Anna Ngayiko.
Une deuxième phase de réinsertion
Cette opération constitue la deuxième initiative de réinsertion socio-économique menée par le Réseau Cris de la Femme en faveur des femmes déplacées installées à Maluku, toujours avec le soutien du Fonds pour les femmes congolaises.
La première phase avait bénéficié à 20 femmes. Avec cette nouvelle opération, l’organisation entend poursuivre son accompagnement auprès des femmes déplacées et contribuer à leur autonomisation économique.
L’appui aux activités génératrices de revenus vise notamment à permettre aux bénéficiaires de retrouver progressivement leur indépendance financière après leur déplacement forcé.
Pour ces femmes ayant fui les violences et perdu une partie de leurs moyens de subsistance, la réinsertion économique constitue ainsi une étape importante dans le processus de reconstruction de leur vie à Maluku.