À une semaine de la rentrée scolaire 2026-2027, l’Intersyndical des enseignants de l’Ituri 1 demande la suspension des cours dans la province, invoquant la persistance de l’épidémie de maladie à virus Ebola. Les représentants des enseignants estiment que la reprise des cours dans les conditions actuelles exposerait élèves et personnels éducatifs à un risque sanitaire important.
Réuni le lundi 24 août, l’Intersyndical de l’Ituri 1 a annoncé son opposition à la reprise des cours prévue le 1er septembre. Les représentants des enseignants disent s’inquiéter de l’évolution de l’épidémie, alors que l’Ituri demeure l’épicentre de la flambée provoquée par le virus Ebola-Bundibugyo.
Prenant la parole au nom des enseignants, Budju Lobo Isaac estime que la priorité doit être accordée à la protection des élèves et du personnel éducatif.
« Face à une épidémie meurtrière qui continue de décimer nos communautés, forcer des milliers d’élèves et d’enseignants à s’entasser dans des salles de classe équivaut à exposer toute une génération à un risque majeur. L’éducation est un droit, mais la vie est le fondement même de tout avenir. », a-t-il déclaré.
Cette prise de position intervient alors que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a indiqué que la RDC avait franchi le cap des 5 200 cas confirmés d’Ebola après 100 jours d’épidémie. L’Ituri représente à elle seule environ 85 % des cas et 79 % des décès enregistrés dans le pays.
L’Intersyndical conditionne la reprise effective des activités scolaires à plusieurs mesures. Les enseignants réclament notamment une maîtrise documentée de l’épidémie, l’installation effective de dispositifs de prévention dans les écoles et une protection sanitaire et sociale renforcée pour les enseignants.
Pour Budju Lobo Isaac, il ne s’agit pas de remettre en cause le droit à l’éducation, mais de prévenir une éventuelle aggravation de la crise sanitaire dans les établissements scolaires.
« Nous ne pouvons pas sacrifier la vie des enfants et des enseignants au respect d’un calendrier. Avant de rouvrir les écoles, il faut garantir les conditions sanitaires minimales : dispositifs de lavage des mains, gels, thermo flashs, surveillance et accompagnement des enseignants », ajoute-t-il.
La position syndicale intervient cependant dans un contexte où le ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté a officiellement maintenu la rentrée scolaire au 1er septembre 2026 sur l’ensemble du pays. Le gouvernement prévoit toutefois un dispositif différencié dans les zones touchées par Ebola, avec notamment des mesures sanitaires renforcées et, dans les zones classées à haut risque, le recours temporaire à l’enseignement à distance.
Pour les enseignants de l’Ituri 1, l’enjeu est désormais de déterminer si les dispositifs annoncés seront effectivement opérationnels dans les établissements avant l’arrivée des élèves.
L’Intersyndical appelle ainsi le gouvernement congolais, le ministère de la Santé et les partenaires humanitaires et sanitaires à renforcer les moyens consacrés à la riposte et à ne pas minimiser les risques liés à la circulation du virus.
Freddy Upar, à Bunia