L’initiative du chef de l’État Félix Tshisekedi, portant sur la tenue d’un dialogue national en République démocratique du Congo continue de bénéficier du soutien de plusieurs États et partenaires de la RDC. C’est notamment le cas du Burundi, qui appelle à la mise en place d’un dialogue national inclusif, crédible et transparent en République démocratique du Congo (RDC), estimant que ce processus doit contribuer durablement à la paix et à la stabilité du pays.
Pour le représentant du Burundi au Conseil de sécurité des Nations unies à New York, l’ambassadeur et représentant permanent du Burundi auprès de l’ONU, Zéphyrin Maniratanga, cette démarche doit assurer une participation effective de toutes les composantes de la société congolaise, notamment les femmes et les jeunes. Intervenant mardi 29 septembre 2026 lors du briefing trimestriel consacré à la situation en RDC, une séance tenue sous la présidence de la France, le diplomate burundais a également estimé que le processus de paix devait s’inscrire dans le respect des principes de souveraineté et d’intégrité territoriale de la RDC.
« Nous saluons les efforts visant à organiser un dialogue national en RDC. Pour contribuer durablement à la paix, ce dialogue doit être inclusif, crédible et transparent et permettre une participation réelle des femmes et des jeunes. Le processus de paix doit respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC. Il doit également conduire au retrait de toute force étrangère présente illégalement sur son territoire », a déclaré l’ambassadeur et représentant permanent du Burundi auprès de l’ONU, Zéphyrin Maniratanga.
Au-delà du dialogue politique, Bujumbura insiste sur la nécessité d’assurer un suivi rigoureux des engagements pris dans le cadre des différents processus de paix. L’ambassadeur burundais appelle ainsi à la mise en place d’un mécanisme de suivi associant les acteurs concernés, aussi bien au niveau régional qu’international.
« Nous appelons à un suivi crédible et transparent des engagements pris, associant les acteurs régionaux et internationaux concernés et s’appuyant sur les mécanismes de vérification existants », a ajouté le diplomate burundais.
Le Burundi souhaite également que les prochains rapports du secrétaire général des Nations unies rendent compte de manière précise du rôle joué par les différents acteurs régionaux dans les efforts visant à ramener la paix dans l’Est de la RDC.
« Le Burundi souhaite par ailleurs que les prochains rapports du secrétaire général continuent de rendre compte de manière précise et équilibrée de la contribution des acteurs régionaux aux efforts de paix, de médiation, de vérification du cessez-le-feu et de protection des civils », a-t-il fait savoir dans son discours.
À l’approche du renouvellement du mandat de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), le Burundi estime que le Conseil de sécurité doit veiller à ce que la mission dispose des capacités nécessaires pour accomplir ses tâches.
« À l’approche du renouvellement du mandat de la MONUSCO, le Conseil de sécurité doit veiller à ce que la mission dispose des moyens nécessaires pour protéger les civils, appuyer la vérification du cessez-le-feu et contribuer aux efforts de désarmement et de stabilisation », a plaidé le diplomate burundais dans son discours.
Dans son intervention, le représentant permanent du Burundi a également appelé le Conseil de sécurité à accorder la priorité à l’application de ses propres décisions, plutôt qu’à multiplier les nouvelles résolutions sans garantir la mise en œuvre des précédentes. Pour Bujumbura, la prévention passe notamment par une coordination accrue entre les Nations unies, l’Union africaine, les mécanismes régionaux et les États de la région des Grands Lacs.
« Nous appelons le Conseil à faire de la mise en œuvre de ses propres décisions une priorité. Notre objectif commun doit être de prévenir les prochains cycles de violence et non d’avoir à en constater les conséquences dans une nouvelle résolution. Enfin, nous voudrions réaffirmer l’importance d’une coordination étroite entre les Nations unies, l’Union africaine, les mécanismes régionaux et les États de la région pour transformer les engagements politiques en résultats concrets », a souligné le diplomate burundais.
L’initiative de dialogue national lancée par le président Félix Tshisekedi intervient dans un contexte de fortes tensions politiques et sécuritaires en République démocratique du Congo. Annoncé officiellement au mois d’août 2026 comme un « Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État », le processus doit, selon la Présidence, traiter les causes structurelles de l’instabilité du pays et s’étendre sur une période maximale de trois mois.
Cependant, son format suscite des désaccords au sein de la classe politique. Une partie de l’opposition conteste notamment les modalités du processus et réclame davantage de garanties quant à son caractère inclusif et consensuel. La Coalition Article 64 (C64) a ainsi rejeté le dispositif présenté par le pouvoir, estimant que le processus ne réunissait pas, selon elle, les conditions nécessaires à la tenue d’un véritable dialogue national.
Clément MUAMBA