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Livre : dans “Nos souvenirs de la vie au Kivu”, Pascal Bauma raconte son parcours entre guerre, déplacements, éducation et engagement humanitaire 

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Un nouveau livre revient sur le parcours d’un enfant ayant grandi dans un contexte de conflits armés, de déplacements et de précarité dans l’Est de la République démocratique du Congo. Intitulé Nos souvenirs de la vie au Kivu, l’ouvrage de Pascal Bauma, dont le premier tome porte le sous-titre De l’ombre de la guerre à la lumière de la mission humanitaire, retrace une partie de son parcours et évoque les réalités vécues par les populations affectées par les conflits, notamment les enfants.

À travers ce récit, l’auteur revient sur son enfance au Nord-Kivu, les déplacements de sa famille, les difficultés liées à l’insécurité et aux faibles ressources, mais aussi sur le rôle de l’éducation dans la construction de son parcours.

Le livre établit également un lien entre l’expérience personnelle de l’auteur, son parcours professionnel dans le secteur humanitaire et la situation des enfants vulnérables, notamment ceux vivant dans la rue à Goma.

Cette thématique constitue aussi le sujet de son mémoire de Master en Développement et Actions Humanitaires à l’Université de Goma. Son travail porte sur l’opérationnalisation du Triple Nexus « Humanitaire-Développement-Paix » en faveur des enfants de la rue dans la ville de Goma.

L’étude, réalisée auprès de 400 personnes selon une approche mixte, complétée par des entretiens, des groupes de discussion et des observations, identifie plusieurs facteurs liés au phénomène des enfants de la rue, notamment les difficultés économiques, les problèmes familiaux, les questions éducatives et l’insécurité.

Les résultats mettent également en évidence des insuffisances dans les mécanismes de prise en charge. Les interventions restent principalement concentrées sur les besoins immédiats, notamment la nourriture et les vêtements. Selon l’étude, 85 % des enfants interrogés n’avaient reçu aucune assistance au cours des trois mois précédant l’enquête.

La prise en compte des besoins liés à l’éducation, à la formation professionnelle, à la protection et à la réunification familiale demeure également limitée. L’étude indique que 70,9 % des personnes interrogées n’avaient reçu aucune proposition de retour à l’école ou de formation, tandis que 84,1 % n’avaient bénéficié d’aucune formation professionnelle.

Le travail défend ainsi une approche plus intégrée de la prise en charge des enfants de la rue, combinant réponse aux besoins immédiats et actions destinées à favoriser leur autonomisation ainsi que la résilience des enfants et de leurs familles.

Dans cette réflexion, le volet humanitaire répond aux besoins fondamentaux tels que l’alimentation, les soins, l’habillement, le logement et la protection. Le développement doit notamment renforcer l’autonomie à travers l’éducation, la formation professionnelle, l’acquisition de compétences, l’employabilité et les activités génératrices de revenus.

La dimension liée à la paix intervient notamment à travers la cohésion sociale, la réconciliation, la prévention et la résolution des conflits ainsi que la participation communautaire.

Cette approche vise à dépasser une logique exclusivement centrée sur l’assistance immédiate afin de créer les conditions nécessaires à une autonomie durable des personnes et des communautés affectées par les crises.

Dans Nos souvenirs de la vie au Kivu, Pascal Bauma revient sur plusieurs étapes de son enfance et de son parcours. Le récit commence notamment par son expérience au village, avec des passages consacrés aux réalités de Walikale et de Masisi, avant d’évoquer son déplacement vers Goma.

Le changement de milieu constitue une rupture dans son parcours. Goma apparaît à la fois comme un espace de refuge et comme un nouvel environnement marqué par la précarité et la nécessité de s’adapter à de nouvelles réalités.

Le retour aux racines occupe également une place importante dans le récit. Une marche de plus de 100 kilomètres jusqu’à Lukweti est notamment présentée comme une expérience marquante, tandis que les épisodes de solidarité communautaire mettent en évidence le rôle des liens sociaux dans les périodes de crise.

Le livre revient aussi sur la place de l’éducation dans cette trajectoire. L’école y apparaît comme un moyen de poursuivre la construction de l’avenir malgré les conséquences des conflits, des déplacements et de la précarité.

À travers son récit, l’auteur donne également une place aux enfants affectés par les conflits, dont les histoires restent souvent peu visibles derrière les statistiques. L’ouvrage met en avant la solidarité, les valeurs communautaires et la préservation des traditions.

Préfacé par Ursula Langkamp, directrice pays de Deutsche Welthungerhilfe e.V. en RDC, le premier tome de Nos souvenirs de la vie au Kivu se présente comme un récit mêlant mémoire personnelle, expérience de la guerre, éducation et engagement humanitaire.

Né en 1990 et originaire du Nord-Kivu, Pascal Bauma a grandi dans un contexte marqué par les conflits armés et les déplacements. Malgré les difficultés rencontrées par sa famille, il a poursuivi sa scolarité avant de devenir ingénieur agronome à l’Université de Goma.

Il s’est ensuite orienté vers le secteur humanitaire, où il a travaillé comme gestionnaire de projets. Son expérience professionnelle l’a notamment conduit à s’intéresser aux enfants vulnérables et à la situation des enfants vivant dans la rue.

Josué Mutanava, à Goma