You are using an outdated browser. For a faster, safer browsing experience, upgrade for free today.
Diaporama
Slide 1 selected
Catégorie

RDC : Jean Claude Vuemba détaille les conditions de Sauvons la RDC pour un dialogue national « crédible »

Invité du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, Jean-Claude Vuemba Luzamba, co-fondateur de la plateforme Sauvons la RDC, a détaillé les conditions posées par sa plateforme pour la tenue d'un dialogue national qu'il juge « crédible », en réponse au projet de dialogue annoncé par le président Félix Tshisekedi.

Pour l'opposant, un tel dialogue ne peut se tenir sans respecter une série de préalables, qu'il a énumérés point par point.

Une supervision impartiale de l'Union africaine et des Nations unies

Premier impératif, selon Jean-Claude Vuemba Luzamba : que le processus soit placé sous la garantie de l'Union africaine et de l'ONU, afin d'assurer son impartialité.

Une inclusivité réelle

Le dialogue devrait, selon lui, réunir toutes les parties prenantes à la crise, « sans exclusion ni condition préalables », ce qui, selon lui, permettrait de régler l'ensemble des différends et de mettre fin durablement à la guerre ainsi qu'aux souffrances économiques et sociales des Congolais.

Une tenue à l'étranger

Vuemba Luzamba a insisté sur la nécessité d'organiser les travaux hors du pays. Il justifie cette exigence par un climat de méfiance : selon lui, le gouvernement ne maîtriserait pas l'ensemble de ses propres services de sécurité, ce qui rendrait impossible, à Kinshasa, la garantie de sécurité et de sérénité nécessaire à la participation effective de toutes les sensibilités politiques.

Un examen sans tabou des causes profondes de la crise

Il plaide pour que les termes de référence, le calendrier et l'ordre du jour soient arrêtés de manière consensuelle entre toutes les parties, et non imposés unilatéralement.

Un caractère souverain et contraignant des résolutions

Les résolutions issues du dialogue devraient, selon lui, être exécutées de bonne foi et dans le strict respect de la Constitution, en particulier des dispositions relatives à la limitation des mandats présidentiels (deux mandats de cinq ans). Dans cette logique, tout projet de référendum visant à modifier ou remplacer la Constitution devrait être définitivement abandonné avant l'ouverture du dialogue.

Un préalable de décrispation politique

C'est le volet le plus détaillé de son intervention. Il y inclut plusieurs mesures : la restitution des passeports à tous les opposants, qu'ils soient à l'extérieur du pays ou à Kinshasa, il cite notamment le cas de Théophile Mbemba, dont le passeport n'aurait toujours pas été restitué ; la fin de l'instrumentalisation de la justice et des services de sécurité contre les adversaires politiques, ainsi que des discours de haine et de répression ; la levée des condamnations à mort qu'il qualifie de « fantaisistes et injustes » prononcées contre plusieurs leaders politiques ; la libération de tous les prisonniers politiques et d'opinion, évoquant le cas de hautes personnalités détenues, selon lui, pendant deux à trois cents jours sans être présentées à un juge ; la levée des interdictions frappant certains partis politiques qu'il estime injustement assimilés à des mouvements rebelles, il cite à ce titre son propre parti, le MPCR, qu'il dit n'avoir jamais pris les armes, ainsi que d'autres formations, comme celles de José Makila, Claudel Lubaya et Seth Kikuni ; un retour des exilés dans la transparence la plus totale sur le plan sécuritaire, et la fin des mesures discriminatoires ou restrictions arbitraires portant atteinte à la liberté de circulation des leaders de l'opposition ; le rétablissement d'un accès équitable aux médias publics : Vuemba Luzamba affirme être personnellement interdit d'antenne, y compris sur des médias privés congolais, et souligne que sans les réseaux sociaux, sa voix et celles d'autres opposants seraient « éteintes ».

Un mécanisme de suivi crédible

Enfin, il appelle à la mise en place d'un mécanisme impliquant des instances africaines et internationales pour garantir l'application effective des résolutions et assurer le suivi de la mise en œuvre des engagements pris par les différentes parties.

Une défiance totale envers l'exécutif

En conclusion, Jean-Claude Vuemba Luzamba a affirmé qu'aucun dialogue organisé, dirigé ou placé sous l'autorité de Félix Tshisekedi ou de son gouvernement ne pourrait, selon la plateforme Sauvons la RDC, inspirer la confiance nécessaire à des délibérations sereines, le chef de l'État étant présenté par l'opposant comme le principal protagoniste et le premier responsable de la persistance de la crise.