Maître Caleb Banza, Coordonnateur de la Coalition de l’Article 5 (C5) appelle à replacer le peuple au centre du débat. Lors d’un Space X organisé lundi par le journaliste Stanys Bujakera, il a notamment insisté sur la nécessité de ne pas réduire la réalité politique du pays aux grandes métropoles comme Kinshasa et Lubumbashi.
« Kinshasa n’est pas la République démocratique du Congo. La RDC, ce sont les 26 provinces, ce sont les 145 territoires. »
Le débat autour de la démarche référendaire continue de susciter des réactions dans la classe politique et la société civile congolaise. Dans ce contexte, Me Caleb Banza s’est fait l’écho des préoccupations de la Coalition de l’Article 5 (C5), qui estime que les conditions actuelles ne permettent pas encore de garantir un processus véritablement crédible et une expression libre de la volonté populaire.
Pour cet acteur, la question ne doit toutefois pas être abordée uniquement depuis les grands centres urbains. Il invite les différents acteurs politiques à tenir compte des réalités de l’ensemble du territoire national.
« Martin Fayulu et les autres acteurs qui ne font essentiellement leurs activités à Kinshasa, ce n’est pas la RDC », a-t-il déclaré, avant de rappeler que le pays s’étend bien au-delà de la capitale.
La voix des territoires au cœur du débat
Me Caleb Banza insiste sur le poids des populations vivant dans les territoires et les zones rurales, souvent moins présentes dans les débats politiques nationaux.
« On ne devrait pas penser que parce que nous sommes dans les métropoles Kinshasa, Lubumbashi, nous valons plus que ceux qui sont dans les villages. Leurs voix comptent. »
Pour lui, aucune voix ne devrait être considérée comme supérieure à une autre, quelle que soit la position sociale ou politique de son détenteur.
« Ma voix n’est pas plus importante que celle de mon semblable. Celle du Président de la République ne vaut pas plus que celle de celui qui est à Katako-Kombe. Une voix compte une. »
Une manière, selon lui, de rappeler le principe de souveraineté populaire au moment où le pays est engagé dans un débat institutionnel majeur.
La C5 reste préoccupée par la crédibilité du processus
Dans cette même logique, Me Caleb Banza souligne que les inquiétudes de la C5 ne portent pas uniquement sur le choix entre référendum et élections, mais également sur les garanties devant permettre au peuple de faire entendre sa voix dans des conditions crédibles.
« Même si nous allons aux élections, la C5 n’est pas rassurée que les élections seront crédibles et que le peuple pourra s’exprimer si nous allons dans un cycle référendaire tel qu’il est aujourd’hui. »
La coalition entend ainsi maintenir la pression sur la question des garanties démocratiques, en mettant l’accent sur la nécessité d’un processus transparent et permettant une réelle expression de la volonté populaire.
« Le patron, c’est le peuple »
Pour Caleb Banza, le débat institutionnel ne devrait finalement pas faire perdre de vue le principal détenteur de la souveraineté.
« Le patron, qui est le peuple, n’est pas au courant que c’est lui qui a la couronne et les droits. »
À travers cette déclaration,il appelle à une prise de conscience citoyenne sur le rôle du peuple dans les grandes décisions engageant l’avenir de la République démocratique du Congo.
Dans le contexte actuel, son intervention vient ainsi renforcer le discours de sa structure qu'est la C5, qui place la crédibilité du processus et la capacité réelle du peuple à exercer sa souveraineté au centre de ses préoccupations.
José Mukendi