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Caleb Banza : « le peuple congolais peut décider d’élire un président aujourd’hui et ne pas l’élire demain »

Caleb Banza

La lecture et l’information doivent permettre aux Congolais de mieux comprendre leurs droits politiques et constitutionnels. C’est l’un des messages portés par Me Caleb Banza, Coordonnateur de la coalition C5 qui insiste sur le rôle du peuple dans l’exercice du pouvoir, conformément à l’article 5 de la Constitution. Il s’exprimait lundi lors d’un Space organisé sur X par le journaliste Stanys Bujakera.

Dans le débat politique qui s’intensifie en République démocratique du Congo autour de la réforme constitutionnelle et de la participation citoyenne, Me Caleb Banza invite les Congolais à revenir au texte de la Constitution plutôt qu’aux interprétations politiques qui en sont faites.

Lors du Space organisé lundi sur X par le journaliste Stanys Bujakera, il a particulièrement insisté sur l’article 5 de la Constitution, qui consacre le peuple comme détenteur du pouvoir.

Pour Caleb Banza, l’un des défis majeurs de la génération actuelle reste l’accès à une information fiable et la capacité de vérifier les fondements juridiques des débats politiques.

« Les défis pour notre génération, c’est la lecture et l’information. Nous nous limitons à écouter sans aller vérifier les fondamentaux », a-t-il déclaré.

« Un candidat malheureux n’est pas un représentant du peuple »

Me Caleb Banza conteste notamment l’interprétation selon laquelle l’article 5 ferait des candidats malheureux à une élection des représentants du peuple.

Selon lui, la Constitution établit clairement que le peuple exerce son pouvoir directement ou par l’intermédiaire de ses représentants élus. Dans cette logique, il estime qu’un représentant du peuple doit être celui qui a effectivement reçu le mandat électoral correspondant.

« L’article 5 de la Constitution ne dit pas que le peuple exerce son pouvoir que par ses représentants. Il n’a jamais dit qu’un candidat malheureux était un représentant du peuple », soutient-il.

Pour lui, ce mandat reste soumis au choix renouvelé des électeurs.

« Le peuple congolais peut décider d’élire un président aujourd’hui et ne pas l’élire demain. Il faut aussi respecter ce choix. Il peut décider de voter un député aujourd’hui et, cinq ans plus tard, ne pas lui faire confiance », explique-t-il.

Le peuple au centre de la démarche de la coalition C5

Cette lecture constitue également l’un des fondements de la démarche portée par la Coalition de l’Article 5 (C5), dans laquelle Caleb Banza est engagé.

La coalition entend replacer le peuple au cœur du débat institutionnel et politique, en défendant l’idée que les grandes décisions engageant l’avenir du pays doivent relever, en dernier ressort, de la volonté populaire, dans le respect du cadre constitutionnel.

Il affirme que l’article 5 confère au peuple le pouvoir de décider.

« C’est à l’État d’organiser le cadre »

La coalition C5 soutient ainsi que la question centrale n’est pas de savoir qui peut parler au nom du peuple, mais comment permettre à celui-ci de se prononcer dans des conditions crédibles et transparentes.

« L’article 5 donne le pouvoir de décider au peuple seul et c’est à l’État d’organiser le cadre par lequel le peuple peut s’exprimer », insiste Caleb Banza.

José Mukendi