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Réforme constitutionnelle en RDC: « Nous allons tout faire pour briser les barrières qui empêchent le chef de l’État de revenir auprès de son parti », affirme Augustin Kabuya

Militants UDPS

Le secrétaire général et président a.i. de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS/Tshisekedi), Augustin Kabuya, a de nouveau plaidé en faveur d’un changement de la Constitution, qu’il considère comme imposant des « barrières » entre le président de la République et son parti politique. Cette position s’inscrit dans le débat autour de l’article 96 de l’actuelle Constitution de la République démocratique du Congo, qui prévoit que les fonctions de président de la République sont incompatibles avec l’exercice de toute responsabilité au sein d’un parti politique.

Intervenant lors d’une matinée politique organisée au siège de l’UDPS à Kinshasa, capitale de la RDC, le député national Augustin Kabuya a estimé que ces dispositions constitutionnelles établissent une séparation entre Félix Tshisekedi, en sa qualité de chef de l’État, et l’UDPS, dont il est issu et qu’il a dirigée avant son accession à la magistrature suprême.

« Savez-vous que cette Constitution nous a imposé des barrières ? Des barrières qui séparent le président de la République de son parti. Des barrières qui empêchent le chef de l’État de s’approcher de son parti politique, le savez-vous ? Comment expliquez que lui, en tant que chef du parti, la Constitution lui impose une barrière en disant qu’il ne peut pas se rapprocher de son parti ? Vous voulez que les choses soient ainsi ? », s’est-il interrogé vendredi 7 août 2026.

Partisan d’un changement de l’actuelle Constitution et dans la perspective d’une éventuelle réforme constitutionnelle, Augustin Kabuya appelle les militants de l’UDPS à se mobiliser lors d'un éventuel référendum afin de permettre, selon lui, au président de la République de renouer davantage avec son parti. Le président a.i. de l’UDPS estime que les dispositions actuelles contraignent Félix Tshisekedi à maintenir une certaine distance institutionnelle avec l’UDPS depuis son accession à la présidence de la République.

« C’est pourquoi nous disons ceci, nous membres de l’UDPS : lors du référendum, battons-nous pour ramener le président de la République vers son parti. La Constitution lui impose des barrières. Il ne fait que suivre son parti à partir de la télévision. Nous allons tout faire pour casser toutes ces barrières et là, vous pouvez voir, lors d’une matinée politique, il peut venir et s’asseoir à côté de nous » , a-t-il déclaré.

Selon Augustin Kabuya, la présence du président de la République au siège de son parti pourrait, dans le cadre actuel, soulever des interrogations au regard des dispositions constitutionnelles relatives à l’incompatibilité entre la fonction présidentielle et l’exercice de responsabilités au sein d’un parti politique. Le président a.i. de l’UDPS conclut ainsi en appelant les militants de son parti à œuvrer en faveur d’une évolution du cadre constitutionnel afin de rapprocher, selon lui, Félix Tshisekedi de sa formation politique.

« Actuellement, il ne peut pas venir à cause des barrières. Mais ici, nous allons tout faire pour briser ces barrières. S’il vient ici, demain, on va porter plainte contre lui sous prétexte qu’il a violé la Constitution. Nous devons, par tous les moyens, faire en sorte de permettre au chef de l’État, au chef du parti, de revenir auprès de son parti », a-t-il fait savoir dans son intervention.

Réélu à la tête du pays à l’issue de l’élection présidentielle de décembre 2023, le second et dernier mandat de Félix Tshisekedi est censé arriver à son terme en 2028, conformément aux dispositions de l’actuelle Constitution. L’organisation de nouvelles élections présidentielles est prévue cette année-là, avec une cérémonie de remise et reprise attendue en janvier 2029, marquant ainsi la fin de deux mandats, soit dix années à la tête de la République démocratique du Congo, de 2019 à 2029.

La déclaration d’Augustin Kabuya intervient dans un contexte politique marqué par des débats autour de la gouvernance du pays. Depuis plusieurs mois, la question d’une éventuelle révision ou d’un changement de la Constitution alimente les discussions au sein de la classe politique congolaise. Les partisans de cette démarche estiment qu’une réforme pourrait permettre d’adapter certaines dispositions de la Loi fondamentale aux réalités actuelles du pays, tandis que ses opposants y voient notamment un risque de remise en cause des équilibres institutionnels, voire une démarche susceptible de permettre à l’actuel chef de l’État de briguer un nouveau mandat.

Cette intervention intervient également dans un contexte marqué par l’engagement de Félix Tshisekedi en faveur de la convocation d’un dialogue national. Cette démarche s’inscrit dans un environnement sociopolitique caractérisé par la recherche d’un consensus face à la crise sécuritaire persistante dans l’Est de la RDC, où Kinshasa accuse notamment le Rwanda de soutenir la rébellion de l’AFC/M23.

Clément MUAMBA

 


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