Lors du Space live organisé le 2 août par Stanis Bujakera Tshiamala, Mimie Wite-Nkate, cofondatrice de la Congolese Action Youth Platform (CAYP) et coordinatrice européenne de Friends of the Congo, a livré un témoignage personnel poignant, rappelant que son engagement dans la lutte pour la reconnaissance du génocide congolais n'est pas seulement militant, mais intimement lié à un drame familial.
Basée au Royaume-Uni, elle a raconté avoir perdu sa cousine et grande sœur, Yvette Niangley, tuée le 24 août 1998 par des éléments armés qu'elle attribue au RCD, appuyés par l'APR. Selon son récit, Yvette Niangley, jeune mariée et enceinte de jumeaux, aurait été tuée avec son époux et plusieurs proches, dans un épisode de violence qui aurait également touché une église de leur localité, où d'autres victimes auraient péri.
« Justice, mémoire et dignité »
Revenant sur le thème retenu cette année par la campagne Genocost, justice, mémoire et dignité, Mimie Wite-Nkate a dénoncé l'absence persistante de réparation pour les familles de victimes, dont la sienne. Elle a rappelé que le rapport Mapping des Nations unies documente une partie de ces exactions, tout en soulignant que les zones concernées de l'Est du pays demeurent, aujourd'hui encore, en proie à l'occupation et à l'insécurité, plus de vingt ans après les faits qu'elle évoque.
Elle est également revenue sur les origines de la journée commémorative du 2 août, née en 2013 d'une volonté de la diaspora congolaise de disposer d'une date dédiée à la mémoire des victimes. Un mémorandum reprenant les revendications de la campagne aurait, selon elle, été transmis à plusieurs institutions congolaises, dont la présidence, sans qu'une réponse concrète en matière de réparation n'ait été apportée à ce jour.
Une réparation encore attendue
Interpellant les autorités sur la mise en œuvre de la loi relative aux réparations pour les victimes de guerre, Mimie Wite-Nkate a insisté sur la nécessité que cette justice se concrétise au-delà des textes, rappelant que pour elle et sa famille, aucune réparation n'a, à ce jour, été perçue. Visiblement submergée par l'émotion à plusieurs reprises durant son intervention, elle a conclu son témoignage en réaffirmant sa détermination à poursuivre le combat entamé depuis treize ans pour la vérité et la justice.