Le gouvernement de la République démocratique du Congo a adopté un projet de convention de collaboration avec MOTA-ENGIL AFRICA portant sur le financement, la réhabilitation, la modernisation, l’exploitation, la maintenance et le transfert de la ligne ferroviaire Dilolo-Sakania, longue de 1 004,5 kilomètres.
Cette adoption intervient après l’approbation, par le gouvernement de la RDC, d’un partenariat public-privé avec Mota-Engil SA, soutenu par la Société américaine de financement du développement international (DFC), dans le cadre du Corridor de Lobito. Selon Washington, cette étape constitue un jalon important du partenariat stratégique entre la RDC et les États-Unis, avec l’espoir d’une signature et d’une matérialisation rapides.
Présenté lors de la 95ᵉ réunion du Conseil des ministres tenue vendredi 31 juillet 2026 à Kaniama Kasese, dans la province du Haut-Lomami, sous la direction du chef de l’État Félix Tshisekedi, par le vice-Premier ministre, ministre des Transports, Voies de communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba Gombo, ce projet vise à encadrer la coopération entre l’État congolais et l’entreprise MOTA-ENGIL AFRICA pour la modernisation de ce corridor ferroviaire stratégique.
Selon le compte rendu du Conseil des ministres, le texte adopté « encadre les modalités de coopération entre l’État congolais et MOTA-ENGIL AFRICA pour le financement du projet, la réhabilitation des infrastructures existantes, la modernisation du corridor ferroviaire, l’exploitation commerciale, la maintenance durant toute la période contractuelle, ainsi que le transfert des infrastructures à l’État au terme de la concession ».
Le coût global de ce projet est estimé à 1,258 milliard de dollars américains. Sa mise en œuvre, souligne le gouvernement de la République démocratique du Congo, devrait permettre d’augmenter progressivement la capacité de transport ferroviaire jusqu’à 13,7 millions de tonnes par an, tout en renforçant la compétitivité du Corridor de Lobito, un axe considéré comme stratégique pour l’intégration économique régionale.
D’après le gouvernement, cette convention devrait également contribuer à « assurer une meilleure intégration logistique régionale, favoriser le transfert de technologies, promouvoir le contenu local et l’emploi national, ainsi qu’améliorer les recettes publiques grâce aux retombées économiques du projet ».
Le projet Dilolo-Sakania s’inscrit dans la volonté des autorités congolaises de moderniser les infrastructures de transport et de renforcer les capacités d’évacuation des minerais et des marchandises, notamment dans les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba, au cœur des échanges économiques avec la sous-région. En adoptant ce projet de convention, le gouvernement ouvre ainsi la voie à la poursuite des différentes étapes nécessaires à sa mise en œuvre.
Cette nouvelle étape intervient dans le prolongement des engagements pris en marge de l'officialisation de l'Accord de paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda. Un tournant majeur avait été franchi le 4 décembre 2025 dans les relations bilatérales entre Kinshasa et Washington. Sous la conduite du président Félix-Antoine Tshisekedi, la RDC, représentée par le vice-Premier ministre et ministre de l'Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, ainsi que par la ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, avait signé une série d'accords structurants avec les États-Unis, dont un Accord économique stratégique et un mémorandum d'entente sécuritaire, consacrant un approfondissement sans précédent du partenariat entre les deux nations.
Signé dans un contexte mondial marqué par la sécurisation des chaînes d'approvisionnement en minerais critiques, l'Accord stratégique RDC–États-Unis instaure un partenariat à long terme reposant sur trois piliers majeurs. Le premier concerne la sécurité des minerais stratégiques et la création d'une réserve d'actifs stratégiques, le Strategic Asset Reserve (SAR). L'accord prévoit un cadre transparent pour la gestion des ressources minières du pays et offre aux investisseurs américains un droit de premier regard sur les projets intégrés à cette réserve. Il garantit également aux États-Unis un accès sécurisé à des minerais essentiels tels que le cobalt, le cuivre et le germanium.
Par ailleurs, la mise en place d'une Strategic Minerals Reserve (SMR) vise à stabiliser les marchés, à encourager la transformation locale des minerais et à contribuer au développement économique durable de la République démocratique du Congo. Les États-Unis s'engagent également à soutenir la modernisation du corridor Sakania-Lobito, le développement du Grand Inga, l'industrialisation des zones minières ainsi que la création de nouveaux corridors d'exportation.
L'accord Washington et Kinshasa prévoit en outre une réforme approfondie du cadre fiscal et administratif afin de sécuriser les investissements, la mise en place d'un guichet unique pour les opérateurs économiques, la lutte contre l'exploitation illicite des minerais et la formalisation du secteur minier artisanal
Clément MUAMBA