L’insécurité persistante dans les communes de Makala et Selembao, à Kinshasa, a été évoquée à l’Assemblée nationale lors de la plénière du samedi 25 juillet. Dans ces communes, il ne se passe plus visiblement une semaine sans que des décès par balles soient enregistrés. Rien que pour la commune de Makala, au moins quatre personnes ont été tuées au mois de juillet. Selon plusieurs sources locales, des hommes armés non autrement identifiés, voire des éléments des forces de l’ordre et de sécurité, seraient impliqués dans ces tragédies.
Intervenant par motion d’information, le député national Eric Tshikuma, élu du district de la Funa, a demandé des mesures urgentes. Il propose entre autres l’ouverture d’enquêtes indépendantes, l'identification, l'arrestation et la traduction en justice de tous les présumés auteurs, coauteurs et complices, qu’ils soient civils ou en uniforme, afin qu’ils soient jugés publiquement et, le cas échéant, condamnés avec la plus grande sévérité de la loi, de manière exemplaire.
Pour cet élu national, un plan d’urgence de sécurisation est nécessaire pour protéger les citoyens et soutenir les familles touchées. Eric Tshikuma a demandé au gouvernement de produire un rapport circonstancié à déposer au bureau de l’Assemblée nationale dans les 15 jours, et sollicité l’audition des ministres des secteurs concernés devant la commission défense et sécurité. Il a aussi proposé le déploiement d'une mission parlementaire pour évaluer la situation à travers la ville de Kinshasa, afin d’en tirer les conséquences.
Dans la commune de Makala, le dernier cas en date est l’assassinat à domicile d’un jeune du nom d’Etienne Mabiala. Selon le bourgmestre contacté par Actualite.cd, ce forfait a été commis par des hommes armés non autrement identifiés, qui ont pris la fuite aussitôt après vers la commune de Bumbu. Bien avant Etienne, au moins trois autres victimes avaient été recensées.
À Selembao, au quartier Kalunga, la famille de Monsieur Michou Mininsa Maledi est elle aussi durement éprouvée, note le député national : « leur fils a été abattu dans des circonstances tout aussi dramatiques, tandis que son frère, grièvement blessé par balles, bénéficie des soins de santé ».
La commune de Makala, autrefois réputée pour la présence massive des Kuluna, a vu se multiplier les postes de Police, renforcés par des éléments des FARDC, qui disposeraient aujourd’hui, selon nos informations, de pas moins de cinq (5) postes. Pourtant, sur le terrain, les citoyens sont loin de retrouver la quiétude. Policiers d’abord, puis militaires sont régulièrement, eux aussi, accusés de bavures et d’exactions contre les habitants.
Japhet Toko