La commune de Makala continue de vivre sous la menace d’une insécurité grandissante. Dans la nuit de ce jeudi 23 juillet, entre 3h et 4h du matin, un jeune homme du nom d’Étienne Mabiala a été abattu par balle dans sa propre maison.
Selon le bourgmestre de Makala, contacté par Actualité.cd, le drame s’est produit sur l’avenue éponyme (Makala), au numéro 15, dans le quartier Tampa. L’autorité communale précise que le forfait a été commis par des individus non autrement identifiés, vêtus de cagoules et de culottes.
« La parcelle n’était pas clôturée. Les criminels se sont introduits dans la maison alors que l’épouse et l’enfant de la victime étaient sortis puiser de l’eau. Une fois à l’intérieur, ils ont tiré sur le mari [identifié comme la personne recherchée, ndlr] avant de prendre la fuite en direction de la commune de Bumbu. Les services de sécurité sont arrivés sur place pour constater les dégâts et recueillir les témoignages », a déclaré Ngudia Kabongo, bourgmestre de Makala, qui annonce la mobilisation des services de sécurité, dont la Police scientifique, dans le cadre des enquêtes pour identifier ces malfrats.
La population lance un cri d’alarme
Pour les riverains, ce crime serait l’œuvre de certains éléments des FARDC, régulièrement accusés, aux côtés de la Police, de semer le chaos dans cette commune traversée par la route Elengesa.
« Avant, c’étaient les Kuluna qui terrorisaient Makala. Aujourd’hui, ce sont les FARDC qui tuent, et les autorités restent absentes », témoigne une jeune maman.
À une autre riveraine d'ajouter : « les civils n’ont plus aucune valeur aux yeux des militaires à Makala. On tue la population et nous appelons les autorités à s’impliquer pour mettre fin à cette situation », confie une autre riveraine.
Toujours selon les témoignages, rien que pour ce mois de juillet 2026, au moins quatre personnes ont perdu la vie dans des circonstances similaires, dont un cas commis au quartier Malala sur l'avenue Kingusi. Pour ce dernier cas, le bourgmestre rassure que l'auteur est déjà aux arrêts et transféré devant les instances judiciaires compétentes.
Autrefois réputée pour la présence massive des Kuluna, la commune de Makala a vu se multiplier les postes de Police, renforcés par des éléments des FARDC, qui disposeraient aujourd’hui, selon nos informations, de pas moins de cinq (5) postes dans la commune. Pourtant, sur le terrain, la population est loin de retrouver la quiétude. Policiers d’abord, puis militaires sont régulièrement accusés de bavures et d’exactions contre les habitants.
Japhet Toko