La situation sécuritaire reste instable dans plusieurs zones des territoires de Masisi et de Walikale, au Nord-Kivu, où les affrontements entre les rebelles de l’AFC/M23 et les FARDC, appuyées par les wazalendo, se poursuivent. Ces combats, marqués par des mouvements réguliers des troupes sur les lignes de front, ont entraîné d’importants déplacements de populations et perturbé les activités sociales et économiques.
Ces dernières semaines, les groupements Ufamandu 1er et Nyamaboko 1 dans le territoire de Masisi, ont particulièrement été affectés par les affrontements. Plusieurs ménages ont fui les zones de combats pour trouver refuge dans le territoire voisin de Walikale, notamment dans les groupements Waloa Loanda, Waloa Uroba et Waloa Yungu.
Sur le terrain, le contrôle de plusieurs localités évolue au gré des offensives et contre-offensives. Après avoir pris le contrôle de plusieurs villages, les rebelles de l’AFC/M23 ont été repoussés de certaines positions à la suite d’opérations menées par les FARDC et leurs alliés. Dans le groupement Ufamandu 1er, en chefferie des Bahunde, de nombreuses localités sont ainsi repassées sous contrôle des forces gouvernementales, notamment Miko, Remeka, Kaleta et Kasake, dans les environs de Ngungu.
Dans le groupement Nyamaboko 1, en secteur d’Osso Banyungu, les FARDC et les wazalendo ont également repris plusieurs positions, notamment Humura, Rutoboko, Ngululu et Mahanga.
La situation autour de Ngungu demeure toutefois stratégique. Une éventuelle progression des combats dans cette zone pourrait avoir des répercussions sur l’axe menant vers Karuba et, à terme, sur la cité minière de Rubaya. Mais on n’en est pas encore là. Ce n’est qu’une perspective qui explique l’importance stratégique que revêtent les positions situées dans cette partie du territoire de Masisi.
Pression sur l’axe Pinga-Kalembe
Plus au nord, dans le groupement Bashali Mokoto, l’agglomération de Malemo reste également marquée par les affrontements. Les rebelles de l’AFC/M23 y maintiennent leurs positions malgré les offensives des forces gouvernementales.
Dans leur volonté d’étendre leur zone d’influence, les rebelles ont également progressé vers Hembe, avec l’objectif de déboucher sur Pinga à partir de Bushimoo. Cette progression s’est cependant heurtée à une contre-offensive des FARDC et de leurs alliés, poussant plusieurs habitants à fuir vers Kalembe et Kalonge, deux agglomérations situées à la limite de Masisi et Walikale.
Kibati repasse sous contrôle de l’AFC/M23
Dans le territoire voisin de Walikale, la situation demeure également volatile. Le centre de Kibati dans le groupement Luberike, est repassé sous contrôle de l’AFC/M23 après le retrait des FARDC et des wazalendo.
Les forces gouvernementales avaient brièvement occupé Kibati et progressé jusqu’à Milonge, à environ cinq kilomètres sur l’axe Kibati-Kashebere. Leur retrait a ensuite permis aux rebelles de reprendre le contrôle de Kibati. Après ces combats, le trafic entre Kashebere et Mungazi qui était suspendu suite aux hostilités, a également repris.
Selon plusieurs sources locales, des renforts en hommes et en munitions sont arrivés dans cette zone depuis mercredi, ce qui alimente les inquiétudes quant à une éventuelle reprise des combats sur cet axe.
Kisimba reste sous tension
Dans le groupement Kisimba, les affrontements se poursuivent également autour de Mindjendje, Chanjikiro, Buhimba et Luola, ainsi que sur les collines de Kasumba, Kazumba et Tchad.
Les rebelles de l’AFC/M23 avaient brièvement occupé Mindjendje avant d’être délogés par les forces gouvernementales. Ces combats ont provoqué de nouveaux déplacements de populations.
Plusieurs ménages en provenance de la localité Banakindi ont trouvé refuge à Pinga, tandis que des habitants ayant fui Chanjikiro et Buhimba sont regroupés à Kalinga, dans la localité de Banamulema. Les conditions de vie de ces déplacés restent précaires.
D’après les informations disponibles sur le terrain, les FARDC et les wazalendo occupent actuellement la ceinture Mindjendje-Mpety-Luola-Ngambi-Buhimba-Chanjikiro-Kalinga, tandis que l’AFC/M23 contrôle notamment l’axe Malemo-Kalembe-Kalonge-Ihula.
Situation humanitaire toujours préoccupante
Au-delà des enjeux militaires, la poursuite des affrontements dans les territoires de Masisi et de Walikale continue d’avoir de lourdes conséquences sur les populations civiles.
Les mouvements de populations se poursuivent au rythme des combats. Des écoles restent fermées dans plusieurs zones, perturbant la scolarité des enfants, tandis que les besoins humanitaires augmentent dans les sites et communautés d’accueil.
L’évolution récente des positions militaires, notamment dans le triangle Waloa Loanda-Ufamandu 1er-Ziralo, contribue à éloigner temporairement la ligne des combats de certaines zones du territoire de Walikale. Toutefois, les mouvements de troupes et la poursuite des affrontements dans plusieurs secteurs rendent la situation particulièrement évolutive.
La stabilisation de ces zones reste donc étroitement liée à l’évolution des combats sur les différents axes et à la capacité des parties en présence à maintenir leurs positions.