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Ressources naturelles: les États-Unis restent prêts à utiliser tous les outils à leur disposition pour aider la RDC, le Rwanda et le Soudan à instaurer la paix et la prospérité

Conseil de sécurité de l'ONU

Le thème « La gouvernance des ressources naturelles, fondement de la paix, de la sécurité et de la prospérité » était à l'ordre du jour de la réunion de haut niveau organisée mercredi 22 juillet 2026 au Conseil de sécurité des Nations unies, à l'initiative de la République démocratique du Congo, qui assure la présidence mensuelle du Conseil durant le mois de juillet. Selon le gouvernement de la République démocratique du Congo, ce débat vise à promouvoir une approche intégrée faisant des ressources naturelles un levier de prévention des conflits, de coopération internationale, de développement durable et de prospérité partagée.

Membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies et considéré comme une grande puissance, les États-Unis ont réaffirmé leur engagement à faire en sorte que les richesses naturelles contribuent à la paix, et non à la poursuite de la guerre. Washington s'est dit prêt à accompagner la République démocratique du Congo, le Rwanda et le Soudan dans cette dynamique. La RDC et le Rwanda demeurent en désaccord sur les accusations d'exploitation illicite des minerais dans l'Est de la RDC, sur fond de conflit armé et d'accusations réciproques.

« Les États-Unis restent prêts à utiliser tous les outils à leur disposition pour aider la RDC, le Rwanda et le Soudan à instaurer la paix et la prospérité que leurs peuples méritent. Dès son entrée en fonction, le président Trump a clairement indiqué que la sécurité économique est indissociable de la sécurité nationale. Ensemble, nous pouvons faire en sorte que la richesse en ressources naturelles finance la paix et non la guerre » a déclaré l'ambassadrice Tammy Bruce, représentante adjointe des États-Unis auprès des Nations unies.

Selon elle, une résolution durable des conflits repose sur la capacité des populations à reconstruire en toute sécurité, grâce à des ressources qui financent le redressement plutôt que d'alimenter de nouvelles guerres. Au nom des États-Unis, elle a également déploré que l'or soit devenu une source de financement des conflits.

« Tout comme en RDC, nous pensons que la voie durable pour sortir le Soudan du conflit repose sur la capacité de sa population à reconstruire en toute sécurité, grâce à des ressources qui financent le redressement plutôt que d'alimenter de nouvelles guerres. Comme l'a souligné le conseiller principal Boulos le mois dernier devant ce Conseil, il est temps d'examiner le rôle de l'or dans l'alimentation de ce conflit. L'or constitue une source majeure de revenus qui finance une grande partie de l'acquisition et de la circulation des drones et autres armes » a-t-elle déclaré.

Pour la diplomate américaine, la traçabilité et la transparence ne sont pas des obstacles à l'investissement, mais bien ses fondements. Les entreprises légitimes investissent là où les chaînes d'approvisionnement sont intègres et où la paix est durable. À cet égard, Washington a salué les sanctions prises par le Royaume-Uni contre des individus soupçonnés de participer au commerce illicite de l'or et aux réseaux financiers qui alimentent le conflit.

La diplomate a également indiqué que les États-Unis ont ciblé leurs sanctions contre les individus et les réseaux qui profitent de cette guerre, notamment ceux qui recrutent des combattants étrangers et fournissent les armes ayant prolongé le conflit et favorisé des atrocités contre les civils.

« Les États-Unis continuent également de faire pression sur les parties pour obtenir une trêve humanitaire immédiate et sans conditions préalables afin de permettre à l'aide humanitaire d'atteindre les personnes dans le besoin et d'ouvrir la voie à une transition politique dirigée par des civils. Il ne s'agit pas d'efforts distincts. Ils reflètent plutôt une même conviction : la diplomatie réussit lorsqu'elle transforme la richesse en ressources naturelles, d'un facteur de conflit, en un fondement de l'intégration régionale et de la croissance partagée » a-t-elle soutenu.

Cette activité s'inscrit dans le prolongement de la réunion organisée selon la formule Arria ainsi que du débat de haut niveau, au cours desquels la RDC entend donner un nouvel élan à ce dossier, qu'elle considère comme prioritaire durant son mandat au Conseil de sécurité pour la période 2026-2027.

Le pays dispose d'importantes réserves de minerais critiques et occupe une place centrale dans les chaînes d'approvisionnement mondiales, attirant ainsi l'attention des grandes puissances et des multinationales. Dans le même temps, il demeure confronté à des défis sécuritaires persistants liés à l'exploitation de ses ressources naturelles, l'extraction et le trafic illicites de minerais continuant d'alimenter les conflits et l'instabilité, notamment dans les provinces orientales.

Ces activités interviennent dans un contexte marqué par le partenariat stratégique conclu entre la République démocratique du Congo et les États-Unis autour des minerais critiques, mais également par l'accord de Washington signé entre Kinshasa et Kigali. Cet accord prévoyait notamment des mesures de désescalade, le retrait progressif des forces rwandaises du territoire congolais ainsi que la neutralisation des groupes armés opérant dans l'est de la RDC, notamment les FDLR, que Kigali considère comme une menace pour sa sécurité. Malgré ce cadre diplomatique, largement salué lors de sa signature, la situation sécuritaire demeure extrêmement fragile et continue de se détériorer un an plus tard.

Sur le terrain, le statu quo s'observe également dans le processus de Doha, conduit sous l'égide de l'État du Qatar afin de faciliter le dialogue entre Kinshasa et la rébellion de l'AFC/M23. Les rebelles de l'AFC/M23, que Kinshasa, les Nations unies et plusieurs partenaires internationaux accusent d'être soutenus par le Rwanda, continuent de contrôler les villes de Goma et de Bukavu, ainsi que plusieurs autres localités des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les affrontements se poursuivent dans plusieurs zones, tandis que les efforts diplomatiques peinent à produire des résultats durables. Cette situation relance une nouvelle fois le débat sur l'écart persistant entre les avancées diplomatiques annoncées et les réalités observées sur le terrain.

Clément MUAMBA